mardi 12 septembre 2017

Madame Guyon: La méditation



Madame Guyon, morte en 1717,
est l'un des plus profonds maîtres de méditation.
Et l'un des moins reconnus.
Quoi qu'il en soit,
elle a donné de nombreux enseignements
sur la voie la plus courte
vers l'union à Dieu, qu'elle appelle "état fixe" ou consommé.
Selon elle, il y a deux sortes de méditation,
qu'elle nomme joliment "simple regard".
D'abord, il y a la méditation comme effort d'abstraction intellectuel.
C'est la méditation métaphysique d'un Descartes, par exemple.
Ou bien c'est la considération des attributs de Dieu, de ses Noms,
la pensée de ses mystères et autres thèmes élevés.
Dans cette sorte de méditation, il y a aussi l'effort pour envisager
"Dieu tel qu'il est", en faisant effort pour écarter tout le reste.
Cela ressemble à ce que l'on appelle, aujourd'hui, méditation :
un état d'attention concentrée, détachée de tout contenu,
atteint au moyen d'une pratique répétée.
Ensuite, il y a la seconde sorte de méditation "de simple regard",
qui consiste à se laisser aller à aimer Dieu, à s'enfonçer en lui
"non par effort ni par contention d'esprit,
mais par amour".
La première méditation est bonne mais, selon cette mystique expérimentée,
ça n'est pas la meilleure. Tant que l'on médite sans amour, en effet, on est actif
et on espère contrôler ses pensées. Alors que par l'amour, on arrive au "dénuement...
mille fois plus excellent que l'abstraction : il est permanent et durable".
L'amour "met l'âme dans un silence goûté", savoureux. "Par cette voie, l'âme trouve en peu de temps son centre, ce qui n'arrive pas par la simple abstraction de l'esprit car, quoique l'âme y ait une certaine paix qui vient de l'abstraction des objets multipliés [et donc un certain calme mental], cette paix n'est ni savoureuse ni si profonde que par la voie de la volonté".
Par "volonté", ici, il ne faut pas comprendre la faculté de faire effort mais,
au contraire, le pouvoir de s'ouvrir, de se rendre disponible
à l'amour divin. La volonté est ici la faculté d'aimer, faculté qui est en chacun de nous.
Il y a donc deux voies de méditation :
- une voie de l'abstraction par effort, qui est laborieuse,
aride et qui ne donne que des résultats provisoires.
- une voie de l'amour.
Cette dernière a aussi ses difficultés :
la principale est qu'il faut y être passif, disponible,
à l'écoute d'un chant qui ne peut s'entendre
que dans le silence intérieur sans retour sur soi.
Ne pas faire d'effort demande un effort surhumain.
Plus encore : ne rien faire, c'est-à-dire se laisser faire
par ce qui est plus vaste que nous est, paradoxalement,
la pratique la plus difficile ; mais assurément,
elle est excellente et magique.
On se met donc en silence,
à l'écoute de la sensation intérieure, subtile,
de félicité. Et on se laisse bercer par elle.
On goûte ainsi le silence intérieur,
l'âme est peu à peu transformée.
Nos réactions au quotidien nous indiquent
nos résistances. Mais grâce à cette amour, à cette félicité intérieure,
ces obstacles fondent.
Evidemment, les douleurs et même les souffrances
les plus profondes ne disparaissent jamais complètement,
de même que
les qualités divines ne sont jamais parfaitement incarnées...
mais on sent qu'il y a là un trésor inépuisable,
une manne véritable qui vaut tout le reste, et plus.
C'est la vie intérieure.
(les extraits viennent des Discours intérieurs, I, 43)

mardi 6 juin 2017

Byron Katie: La peur de la mort


La peur de la mort est le dernier stratagème de la peur de l’amour. L’esprit contemple le vide et lui donne un nom pour s’empêcher d’expérimenter ce qu’il est vraiment. 
Toute peur est une peur de l’amour, parce que découvrir la vérité de toute chose, c’est découvrir qu’il n’y a personne, pas d’exécutant, pas de moi pour créer la souffrance ou s’identifier à quoi que ce soit. 
Sans rien de tout cela, il ne reste que l'amour.

dimanche 4 juin 2017

Émir Abd-el Kader


Je suis Dieu,  je suis créature
je suis Seigneur,  je suis serviteur
Je suis le Trône et la natte qu’on piétine
je suis l’enfer et je suis l’éternité bien heureuse
Je suis l’eau,  je suis le feu
je suis l’air et la terre
Je suis le « combien » et le « comment »
je suis la présence et l’absence
Je suis l’essence et l’attribut
je suis la proximité et l’éloignement
Tout être est mon être
je suis le Seul,  je suis l’Unique.

samedi 3 juin 2017

Ji-Phi : De quoi m'inquiéter ?




De quoi m'inquiéter ?
Rien qui ne soit mon œuvre,
Rien qui ne soit mon Désir.
De quoi me protéger ?
Quand tout est plus moi que moi-même, que tout est mon reflet d’espace et de temps.
Qu'est ce qui serait trop fort, trop intense ?
Quand c'est ma propre puissance à l'œuvre !
Seuls mes pensées, mes mots, peuvent créer une séparation.
Leur seul espace où se matérialiser est mon Silence.
Qui aimer ! Qui haïr !
C'est mon sang qui pulse dans ces veines,
Ce sont mes larmes qui coulent sur ces joues !
C'est ma joie qui réjouit les étoiles !
Chanter, danser,
Naître, mourir, je serai toujours au Cœur de moi-même
Au Cœur de l'Infini.
De ce mystère rien ne peut être conservé,
L’océan prend forme dans la vague.
On ne peut pas enfermer une vague !
L’arc en ciel se déploie dans le ciel,
On ne peut en conserver un morceau.

Chaque forme me donne corps.
Chaque son me chante,
Chaque mouvement est ma danse.
Chaque regard me laisse à voir.

Qui suis-je ?


Trouvé sur le blog "Voyageurs de l'Immobile"

dimanche 2 avril 2017

Nathalie Delay : Retrait



Le retrait quand il n’est pas réactivité, ni fuite 
Mais qu’il s’impose comme l’unique possibilité 
Est un appel qu’il faut suivre sans négociations 
Pour se donner sans distractions à ce qui s’offre.

Ce retrait là n’est pas un refus du monde 
Mais un temps de repos, de silence 
Au cœur du monde 
Sans attentes ni projets.
Dans la grotte obscure, la lumière explose
Se laisser mourir mille fois à son contact fatal 
Puis laisser naître une parole, une action,
Fraîche, sans appartenance.