jeudi 8 novembre 2012

Pr Ramachandran: Neurones miroirs


Le professeur Ramachandran, une autorité dans le domaine des neurosciences, est connu pour avoir développé une thérapie destinée à soulager la souffrance liée à la perte d’un membre. Le chercheur est actuellement professeur à l’Université de San Diego en Californie. Ses compétences se conjuguent avec un art de la vulgarisation qui donne accès à des notions complexes de neurosciences.

Chaque neurone établit entre 1000 et 10 000 connexions avec d’autres neurones, ce qui fait que le nombre de combinaisons d’activité cérébrale excède le nombre de particules élémentaires dans l’univers, une complexité incroyable !

Les « neurones miroirs » de type moteur, situés dans les lobes frontaux sont impliqués dans les processus d’émulation et d’imitation, c'est-à-dire que le cerveau, pour imiter un comportement, s’active et observe la situation en adoptant le point de vue de l’autre. Cette compétence acquise par le cerveau a permis une évolution de l’humanité très rapide, beaucoup plus rapide que l’évolution Darwinienne, où l’évolution se développait sur plusieurs milliers ou millions d’années. 

Ici, ce processus d’imitation permet de copier rapidement des comportements qui sont intégrés immédiatement par les observateurs, mais aussi par leurs descendants, créant la civilisation et la culture dans laquelle nous baignons.

Parallèlement à ces neurones miroirs moteurs, il existe des neurones miroirs sensoriels, qui s’activent lorsque nous sommes touchés, ou lorsque nous regardons d’autres personnes qui sont touchées.

Ces neurones participent au processus d’empathie et tout ce qui nous sépare de l’autre, ce n’est que notre peau. Sans notre peau, nous pourrions éprouver tout ce que l’autre ressent…
Une conclusion scientifique qui rejoint les traditions orientalistes ou celles des peuples premiers : tout est interconnecté, nous ne sommes pas séparés.

Une réactualisation de ce principe par les neurosciences est porteuse d’espoir.
Certes, nous sommes tous interconnectés dans notre responsabilité d’humain, dans nos relations, dans nos sociétés, dans notre lien à la terre, dans nos actions, nos intentions, nos implications, etc.

Mais chaque nouvelle ouverture de conscience, chaque nouveau point de vue basé sur l’amour, l’empathie, le respect, l’acceptation, l’accueil, est un point de vue qui « dialogue » dans l’invisible avec des milliers d’autres neurones. Chaque nouvelle idée, chaque intention juste pour l’évolution de notre humanité informe les neurones de milliers d’êtres humains…
Cela rejoint la théorie du centième singe : à partir du moment où un certain nombre d’individus adoptent un nouveau comportement, un plus grand nombre va l’adopter aussi, par mimétisme.

Patrice van Eersel rappelait dans un article : « Une mutation autocontrôlée de l’être humain est neuronalement possible. Cette mutation doit se dérouler à la fois sur les plans individuel et collectif, car nos cerveaux sont fondamentalement bâtis pour être reliés à d’autres cerveaux. »

Nous ne sommes pas seuls dans notre coin à cogiter ou à nous transformer, nous « dialoguons » en permanence avec le monde et la plasticité de notre cerveau offre tous les possibles...

A chacun de nous, donc, d’émettre par nos pensées, nos intentions, nos attitudes, notre conscience, les informations qui inaugureront les changements que nous voulons voir dans ce monde.

1 commentaire:

  1. Passionnant cet article. Je pense que aucune de nos pensées ne se perd et que nos cellules dépendent du véhicule de la matière mais sont animées par l'esprit.

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