vendredi 6 avril 2012

Rajiv Kapur: A la recherche du Soi

Cours Pratique sur la Recherche-du-Soi

NIVEAU 1: LA RECHERCHE DU SOI – ICI ET MAINTENANT

Préparer le mental par la simple action de "regarder"

S’il y a un mot dont Je souligne l’importance continuellement dans les Satsangs, c’est le mot "REGARDER". La simple action de "regarder" est l’outil le plus efficace pour la réalisation du Soi.

La réalisation du Soi n’est pas une question de foi ou de croyance, ou même de volonté. C’est une compréhension par la connaissance directe. Et comment peut-on mieux connaître quoique ce soit à moins de l’expérimenter ou de le voir par nous-même? Nous savons tous que de "Voir c’est Croire" et nous nous cramponnons à cela. Premièrement, investiguons ce qu’implique de véritablement regarder. Regardons-nous vraiment?

Dessinez une image sur un grand tableau noir et regardez-la. Que voyez-vous? Si vous portez une plus grande attention – PAS une attention focalisée, mais une attention ordinaire, vous ne verrez pas seulement une image, mais également le tableau noir en arrière-plan sur lequel l’image est dessinée.

L’attention focalisée est concentrée, mais l’attention simple est une vision avec une PERSPECTIVE PLUS LARGE. Alors si vous regardez plus profondément, ce qui n’est pas de contracter votre vision, mais de l’élargir, vous verrez qu’il y a un mur sur lequel le tableau noir est surimposé. Maintenant regardez profondément et commencez à élargir votre vision encore plus loin- zoomez au dehors de ce que vous voyez, comme le grand-angle d’une caméra. Vous pourrez voir l’image de nouveau. Vous commencerez aussi de "voir" qu’il y a de l’espace dans lequel ce mur, le tableau noir et l’image sont tous regroupés ensemble.

Par l’attention simple vous pouvez "savoir" et "ressentir" cet espace. Si vous remarquez, cela ressemble à du vide. C’est DÉCONTRACTÉ; C’est vide de toute pensée et images. C’est éternellement libre, expansif et libérateur en lui-même. Le vide est une sensation qui transcende le regard ordinaire et focalisé.

Maintenant, pouvez-vous dire lequel des quatre perceptions – l’image dessinée sur le tableau noir, le tableau, le mur ou l’espace dans lequel tout ceux-ci sont surimposés – est toujours disponible? Ne savons-nous pas que cette sensation d’espace expansive et calme nous est disponible tout le temps? Elle est ici – Ici maintenant! Que nous allions vers Delhi ou Londres c’est toujours là. Nous devrions faire un effort continuel pour ramener notre attention vers la conscience de cet espace régulièrement. CECI EST LE PREMIER PAS.

LES POINTS IMPORTANTS POUR LA PRATIQUE

D’abord STOPPEZ vos pensées à des intervalles régulières entre les activités, DÉTENDEZ-VOUS et au lieu de regarder les pensées ou les histoires (qui sont tous des mouvements du mental) COMMENCEZ à reconnaître le calme, l’équilibre et le silence qui est apporté par l’attention LARGE.

Initialement cela semblera comme un effort, mais vous devez y travaillez continuellement. STOPPEZ SIMPLEMENT LES PENSÉES, DÉTENDEZ-VOUS ET REGARDEZ –REGARDEZ TOUT SIMPLEMENT.

L’aspect clé de regarder est l’attention – PAS une attention focalisée sur un seul objet, mais un regard plus large, une vision englobant tout ce qui est disponible pour nous, ici et maintenant. Cela ne requiert pas une focalisation; ce n’est PAS de regarder "vers" ou de regarder "pour" quelque chose, mais une vision expansive – un zoom vers l’extérieur semblable à une caméra.

Cela implique d’être conscient de plusieurs choses en même temps, ou de voir l’image entière comme une perception unique à un moment donné dans le temps. Cela requiert des yeux et des oreilles alertes pour connaître la vraie pratique de regarder. Dans cet état de haute vigilance vous constaterez que les objets, les jugements, les opinions, les étiquettes ou histoires, aucune de celles-ci n’ont vraiment d’importance. Ils perdent leurs importances et ce qui devient plus proéminant est cette conscience calme, et silencieuse. Une fois que vous vous stabilisez dans cette conscience calme et expansive, il est alors temps pour vous de moins porter attention à vos pensées. Il est inutile de pourchasser, de regarder ou même de les stopper à ce stade (contrairement au stade précédent) car elles sont trop nombreuses. Reconnaissez plutôt la conscience sur laquelle ces pensées arrivent et partent.

Il est beaucoup mieux de se détendre et de commencer à reconnaître la conscience large à l’arrière-plan, au lieu d’essayer constamment d’être témoin de vos pensées, vos images, vos actions, des évènements et le sens corporel du je-suis.

PLUS VOUS PORTEZ ATTENTION À UN OBJET, PLUS CELA N’AUGMENTE QUE SON POUVOIR ET CONTRÔLE SUR VOUS; IL DEVIENT VOTRE RÉALITÉ!

Il n’y a aucun problème d’admettre les pensées, les étiquettes, les histoires, les images, etc. Mais utilisez votre attention surtout pour la reconnaissance de CET état de conscience (l’espace à l’arrière-plan) sur lequel tout ceux-ci surgissent et tombent. Ceci deviendra alors votre nouvelle réalité.

Rappelez-vous, l’attention vrai est plus comment vous ressentez que ce que vous voyez en fait. La façon de voir, est absorbée comme une sensation.

Reconnaissez que cet état de conscience béate à l’arrière-plan ne vous déçoit jamais et sur une telle reconnaissance, détendez-vous de nouveau et laissez toute expérience – bonne ou mauvaise – tomber dans cette conscience à l’arrière-plan. Vous saurez alors que cette conscience paisible, calme, est un flot continuel et que sur lui toutes les pensées, tous les objets, toutes les images et les émotions vont s’élever et tomber. CETTE CONSCIENCE BÉATE SERA ALORS RECONNUE COMME VOTRE NOUVEAU CENTRE.

Sachez que la pratique n’est PAS seulement relative à la discipline et la persévérance, mais, c’est aussi à propos de l’acceptation, de l’amour et de l’appréciation de ce qui est déjà disponible pour vous. Cela vient avec une acceptation profonde et un abandon envers ce qui se présente de lui-même et puis de visionner l’entièreté au travers une vision attentive et expansive –la totalité.

Une fois que vous êtes capable de vous identifier et de vous reconnecter à la conscience éternellement libre et silencieuse pour une période de temps, vous n’aurez plus à pratiquer cela; tout deviendra très automatique et sans effort. Vous n’avez pas à la visiter, c’est plutôt cet ESPACE qui vous visitera. L’ESPACE et VOUS trouverez du confort en compagnie de l’un et l’autre. Vous le saurez lorsque cela se produira. Vous ressentirez une unité avec l’espace et une connexion avec tout ce qui est autour de vous.

Appréciez votre pratique et ne vous sentez pas mal si vous vous trompez, ou si vous échouez à quelques reprises. Affirmez toujours que la conscience à l’arrière-plan est toujours présente en dépit des erreurs et des échecs.

Même si vous échouez à le reconnaître et que vous vous êtes éloigné de votre centre temporairement, ne soyez pas dur avec vous. Reconnaissez simplement cet échec également, pendant que la conscience l’absorbe à l’arrière-plan.

Refusez tout simplement de laisser les pensées dominer la relation que vous partagez avec l’éternelle félicité et le calme de l’état de conscience sur lequel tout se déploie. Ne soyez aussi trop obsédé avec la pratique; soyez plutôt doux. Étant régulier et discipliné implique que vous vous rappeliez de pratiquer à des intervalles régulières et vous n’êtes PAS censé pratiquer tout le temps. Vous allez rentrer dans les murs et accrocher des objets si vous essayez de pratiquer chaque seconde dans votre état éveillé; alors soyez doux avec vous-même. Vous devrez figurer la différence entre l’intensité et la tension. Ne pratiquez pas mécaniquement; soyez plutôt orienté vers le ressenti.

Tombez en amour avec cette conscience, ce qui signifie de vous en souvenir souvent avec un cœur aimant et non pas avec un mental grossier et discipliné qui essaie de tout saisir avec l’intellect.

ABORDER LES ÉMOTIONS

Lorsqu’il est question d’aborder les émotions, l’approche dans la recherche-du- Soi est légèrement différente dans la façon dont les pensées sont abordées. Contrairement aux pensées, qui sont d’abord arrêtées dans les étapes initiales de la pratique, et subséquemment ignorées, il faut s’occuper des émotions en profondeur.

Une émotion qui est ressenti doit être complètement connue, sentie et comprise. C’est une pratique normale pour nous, d’ignorer ou de refouler nos émotions et de détourner notre attention d’eux et à la place d’écouter les histoires, les pensées, les souvenirs ou l’individu (l’instrument) qui a déclenché ces émotions en nous. Cette pratique doit être complètement évitée et le contraire doit être adopté.

PORTEZ SEULEMENT ATTENTION AUX ÉMOTIONS ET À RIEN D’AUTRE.

Voici un extrait d’une de mes causeries.

R : Ceci est une balle n’est-ce pas? Allez Shreekanth. (Rajiv lance la balle à Shreekanth qui l’attrape) Je lui ai lancé cette balle. Que regardiez-vous? La balle? Lorsque je vous lance la balle, que regardiez-vous?

S : J’ai juste semblé réagir instinctivement.

R : Absolument, la réaction était donc instinctive. Mais vos yeux pouvaient voir que la balle se dirigeait vers vous. Et instinctivement vos mains se rapprochèrent – c’est cela regarder! Je n’étais pas dans le portrait; c’était la balle et vous, et la balle qui se dirigeait vers vous.

C’est généralement ce qui ne se passe pas avec les émotions – vous regardez la personne et pas ce qui vient vers vous. Par exemple, si la situation d’une personne est ainsi – qu’elle crée de la colère en vous. Instantanément votre attention se dirige vers la personne. (En Hindi) : "Cette personne m’a fait quelque chose et je me suis mis en colère." Vous regardez donc la personne qui lance la balle, mais pas la balle qui se dirige vers vous et vous frappe. C’est pour cela qu’elle vous frappe en plein visage et vous ne savez pas quoi faire! Et, il y a tellement de balles venant de toutes les directions…mais vous ne regardez pas les balles!

Alors la première chose à faire c’est de modifier votre vision. Changez votre façon de voir! Essayez de regarder ce qui vient vers vous. Premièrement, enlevez l’objet qui vous lance la balle. Enlevez-le totalement du portrait, et instantanément vous constatez que le plus réel c’est la balle, cette émotion – c’est plus réel que l’objet (la personne) qui vous a lancé la balle! Mais instinctivement nous accusons toujours, nous allons vers l’histoire ou vers la personne, mais nous ne regardons jamais ce qui se produit à l’intérieur de nous.

En fait nous sommes très inconfortables lorsque cela nous concerne - "À cause de lui j’ai eu ceci" – c’est habituellement comme cela. Nous aimons blâmer les autres pour ce qui arrive à l’intérieur de nous.

Disons que j’enlève la personne de là, instinctivement, comme vous l’avez fait; vous avez vu la balle se dirigeant vers vous, vous avez avancé vos mains et avez regardé la balle. C’est instinctif, car vous avez souvent attrapé une balle et donc la réaction instinctive est vraiment là, n’est-ce pas? Mais, plus tôt, lorsque vous étiez un jeune enfant, ce n’était pas comme cela. Lorsque vous êtes un bébé, on vous enseigne - "Voici, attrape la balle." Maintenant vous êtes un jeune homme de trente ans et vous avez développé l’habilité d’attraper une balle facilement.

Mais ce n’était pas comme cela plus tôt, lorsque vous étiez petit. Donc vous devez débuter jeune, ce qui signifie que je dois commencer à regarder comment la balle se dirige vers moi. Sans regarder la personne; sans regarder l’objet qui a actuellement lancé la balle, je ne regarde que cette balle particulière d’émotion qui se dirige vers moi.

Qu’est-ce qui arrive maintenant quand je la regarde? Je dois l’attraper. Alors cela devient instinctif. Et comme vous l’avez dit, "Instinctivement j’étais capable de l’attraper, je n’ai rien regardé d’autre", c’est ce qui est arrivé ici. Instinctivement vous pouvez attraper l’émotion et lorsque vous avez développé cette habilité, cette efficacité et cette pratique; vous êtes capable de le faire.

Vous attrapez donc l’émotion au moment où elle surgit. Ce ne sera peut-être pas facile de travailler avec elle. D’accord, Je ressens une colère à l’intérieur de moi, qui bouille en moi et je suis capable de regarder cette agitation. L’objet est parti; la seule chose est cette émotion qui surgi en moi.

Maintenant qu’est ce qui arrive? Je ne bouge pas de ce centre. Je peux le maintenir. Je peux maintenir ce sentiment inconfortable, ou cette émotion. C’est déplaisant, je suis d’accord; ce n’est pas facile. Dans mon corps des choses se produisent; je le sens, mais allô! Laissez-moi les ressentir complètement, laissez-moi voir ce que c’est! Et je regarde complètement et totalement; je n’étiquette pas; je ne dis pas que c’est mauvais ou bon. Cela est ce qu’il est. Je regarde seulement, complètement, totalement, de tous les angles. Je ressens cela complètement!

Qu’est-ce qui arrive? Vous réalisez que ce n’est pas si pire. Même si c’est inconfortable au début, il y a une tranquillité, un apaisement; une paix est également perçue dans cela – une assurance, un état de calme, de paix est ressenti lorsque cela se produit – lorsque le mouvement prend place. La raison est que vous avez complètement accepté et ressenti l’émotion dès son origine et jusqu’à sa fin. Lorsque vous le ressentez aussi profondément, que vous l’acceptez, ce sentiment inconfortable devient une partie de votre corps; cela devient organique. Comment pouvez-vous alors, fuir quelque chose qui est devenue vous? Cela ne vous est plus étranger. CELA DEVIENT VOUS. Cela fond, se dissout et se cristallise en vous, révélant un centre qui lui était antérieur.

Donc, initialement vous constaterez qu’il y a la montée d’une émotion particulière, cela atteint un point culminant et puis tombe; s’élève, atteint un sommet, puis tombe. Puis alors? Cela surgit puis tombe juste un peu. Puis cela se dissout en vous lorsque vous le sentez complètement comme une partie de vous. Vous pouvez alors pressentir, ou percevoir que la montée, la chute et la dissolution prend place dans un centre antérieur à ces mouvements. C’est l’état de félicité de la Conscience où vous vous trouverez maintenant être. Qu’est-ce qui a rendu cela possible? C’était seulement votre observation – juste la vision de cela. Parce que nous cherchons qui est responsable de cela, nous ratons de voir ce qui actuellement est à l’intérieur de nous.

En fait, vous devriez bénir la personne qui vous donne cette opportunité car elle vous donne une chance de vraiment comprendre ce qui se passe à l’intérieur de vous, votre véritable Soi. Alors bénissez-le! À chaque fois qu’une personne vous donne l’opportunité, regardez et souriez. Faites cela, oubliez-le et commencez à regarder ce qui se trame à l’intérieur de vous, ce qui ce produit vraiment à l’intérieur de vous. Ne fuyez pas; vous ne pouvez pas l’éviter longtemps. Ne le refoulez pas car ce n’est pas bon. Il faut que vous compreniez vraiment le mouvement, et une fois que vous le comprenez, vous saurez que nous existons préalablement à cela! Parce que la Conscience, vous en tant que Conscience existiez lorsque le mouvement entier se déroulait! Maintenant votre centre est parti de l’émotion vers la Conscience qui la précède – calme, aimante, stable, paisible – et vous allez là; et tout se retrouve dans cette Conscience calme.

Et cette habitude de regarder dans l’état éveillé – mes pensées, mes émotions, et puis de reconnaître une Conscience qui les précèdent est ce qui constitue la Recherche-du-Soi – de regarder – puis de reconnaître cette Conscience, cela devient de plus en plus profond, de plus en plus fort. Puis cela atteint votre état de sommeil profond et vous constatez alors que même ces états surgissent et tombent sur cette Conscience.


Copyright  Rajiv Kapur, Décembre 2012



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