jeudi 8 novembre 2012

Pr Ramachandran: Neurones miroirs


Le professeur Ramachandran, une autorité dans le domaine des neurosciences, est connu pour avoir développé une thérapie destinée à soulager la souffrance liée à la perte d’un membre. Le chercheur est actuellement professeur à l’Université de San Diego en Californie. Ses compétences se conjuguent avec un art de la vulgarisation qui donne accès à des notions complexes de neurosciences.

Chaque neurone établit entre 1000 et 10 000 connexions avec d’autres neurones, ce qui fait que le nombre de combinaisons d’activité cérébrale excède le nombre de particules élémentaires dans l’univers, une complexité incroyable !

Les « neurones miroirs » de type moteur, situés dans les lobes frontaux sont impliqués dans les processus d’émulation et d’imitation, c'est-à-dire que le cerveau, pour imiter un comportement, s’active et observe la situation en adoptant le point de vue de l’autre. Cette compétence acquise par le cerveau a permis une évolution de l’humanité très rapide, beaucoup plus rapide que l’évolution Darwinienne, où l’évolution se développait sur plusieurs milliers ou millions d’années. 

Ici, ce processus d’imitation permet de copier rapidement des comportements qui sont intégrés immédiatement par les observateurs, mais aussi par leurs descendants, créant la civilisation et la culture dans laquelle nous baignons.

Parallèlement à ces neurones miroirs moteurs, il existe des neurones miroirs sensoriels, qui s’activent lorsque nous sommes touchés, ou lorsque nous regardons d’autres personnes qui sont touchées.

Ces neurones participent au processus d’empathie et tout ce qui nous sépare de l’autre, ce n’est que notre peau. Sans notre peau, nous pourrions éprouver tout ce que l’autre ressent…
Une conclusion scientifique qui rejoint les traditions orientalistes ou celles des peuples premiers : tout est interconnecté, nous ne sommes pas séparés.

Une réactualisation de ce principe par les neurosciences est porteuse d’espoir.
Certes, nous sommes tous interconnectés dans notre responsabilité d’humain, dans nos relations, dans nos sociétés, dans notre lien à la terre, dans nos actions, nos intentions, nos implications, etc.

Mais chaque nouvelle ouverture de conscience, chaque nouveau point de vue basé sur l’amour, l’empathie, le respect, l’acceptation, l’accueil, est un point de vue qui « dialogue » dans l’invisible avec des milliers d’autres neurones. Chaque nouvelle idée, chaque intention juste pour l’évolution de notre humanité informe les neurones de milliers d’êtres humains…
Cela rejoint la théorie du centième singe : à partir du moment où un certain nombre d’individus adoptent un nouveau comportement, un plus grand nombre va l’adopter aussi, par mimétisme.

Patrice van Eersel rappelait dans un article : « Une mutation autocontrôlée de l’être humain est neuronalement possible. Cette mutation doit se dérouler à la fois sur les plans individuel et collectif, car nos cerveaux sont fondamentalement bâtis pour être reliés à d’autres cerveaux. »

Nous ne sommes pas seuls dans notre coin à cogiter ou à nous transformer, nous « dialoguons » en permanence avec le monde et la plasticité de notre cerveau offre tous les possibles...

A chacun de nous, donc, d’émettre par nos pensées, nos intentions, nos attitudes, notre conscience, les informations qui inaugureront les changements que nous voulons voir dans ce monde.

jeudi 28 juin 2012

Wilfrid Stinissen: Méditation chrétienne profonde

Celui qui veut faire de sa vie une prière ininterrompue doit apprendre à vivre dans le moment présent...



Dieu "a mis dans le cœur des hommes l’éternité" (Qo 3,11)... L’homme appartient à la fois au temps et à l’éternité. Le maintenant éternel de Dieu apparaît sur la terre quand le temps est à l’arrêt. Il y a dans l’histoire un instant éminent, le grand instant de l’incarnation, celui où temps et éternité s’unissent. Cet instant dote tous les autres instants d’une dimension d’éternité. Cela signifie que plus une personne est enracinée dans le Christ, plus son être est concentré dans le présent... Il s’agit pour chaque personne de vivre dans l’instant : elle vit alors en même temps dans l’éternité. Celui ou celle qui prend l’instant au sérieux et vit dans le temps du Christ, vit sur la terre déjà dans l’éternité...

Même si, en profondeur, nous sommes des êtres d’éternité, notre vie, à la surface, s’étend dans le temps. Un petit bout de vie à chaque instant. Chaque instant amène avec lui sa tâche. La vie devient très simple lorsqu’on vit dans l’instant. Par contre, si l’on cherche à embrasser plusieurs instants d’un coup, on se tend, on se fatigue...

Nous avons la certitude inébranlable que chaque instant exactement rempli porte fruit et a des conséquences imprévisibles... Chaque instant que l’on remplit d’un « oui, Père ! » donne un écho qui ne s’éteint jamais... La vie s’épanouit et s’enrichit quand grandit le nombre des instants qui sont remplis d’amour. Celui qui méprise l’instant ne parvient jamais à la plénitude de la vie...

Si l’instant est l’incarnation de l’éternité, cela signifie que la totalité de l’éternité est changée si l’instant est rempli du oui de l’amour. L’instant est comme le grain de sénevé, la plus petite de toutes les semences, mais ce qui en surgit lui est incommensurable...

Vivre dans le présent est une façon radicale de mourir à soi-même. Nous avons là une forme naturelle d’ascèse qui se trouve toujours à notre disposition puisqu’elle est une dimension de-la vie elle-même...

En disant oui à Dieu à chaque instant, on devient un instrument toujours plus souple dans sa main. L’attention pleinement éveillée avec laquelle on vit l’instant présent fait en outre que le travail va beaucoup plus vite, qu’on ne perd plus de temps et que même la planification de l’avenir et la préparation aux tâches qui attendent - c’est aussi un élément du présent - trouvent leur juste place.

L’instant présent est le lieu de rencontre de la vie éternelle et de la vie quotidienne. Celui qui vit dans le présent vit en Dieu et dans l’éternité. Chaque instant apporte une volonté concrète de Dieu, simplement pour cet instant. Lorsqu’on consent à cette volonté de Dieu, l’instant devient exactement ce que Dieu a voulu en faire : une petite partie de l’histoire sainte, de cette histoire du salut que notre vie doit devenir. Le présent est le seul endroit de notre vie où nous pouvons être unis à Dieu...

En prenant au sérieux l’instant et la tâche qui nous est attachée, nous affaiblissons notre moi égoïste, ce moi qui pense au résultat dans l’avenir : argent, position, succès, estime ; ou qui a peur que quelque chose du passé puisse avoir des conséquences désagréables. Cet égoïsme perd toutes ses chances si l’on vit dans Instant.

Celui qui vit dans le moment présent est, de façon mystérieuse mais tout à fait réelle, toujours en oraison. La voie la plus simple, qui convient à tous et qui ne gêne pas le travail qui, au contraire contribue à l’améliorer, consiste à s’ouvrir à l’instant, à accueillir l’instant présent comme un don de la main de Dieu. Dès que tu t’es complètement abandonné au Père comme Jésus l’était, ta vie devient prière... La prière est un état de complète disponibilité devant Dieu, disponibilité à un niveau profond qui consiste à vouloir exactement ce que Dieu veut que nous fassions, à n’être que l’instrument de Dieu, et rien d’autre. "Tu n’as plus de pouvoir sur le passé qui appartient à sa miséricorde et tu n’as aucune idée de l’avenir qui est confié à sa Providence ; il ne te reste donc que le présent" (J. Lafrance, Prie ton Père dans le secret). Vivre dans le présent nous fait découvrir la présence vivante de Dieu sous le voile des choses banales et quotidiennes. Il y a dans le maintenant une espèce de "Présence réelle" : Dieu y est véritablement présent, il n’y a que là qu’on puisse le rencontrer...

Il s’agit d’être présent à ce qui se passe maintenant et présent à son moi authentique. On ne peut vivre en profondeur si on ne vit pas dans le présent, et en vivant dans le présent, on trouve sa nature profonde. On pourrait dire que l’un des plus grands péchés de la personne humaine, c’est l’absence. Elle n’est pas disponible, elle ne touche jamais à l’essentiel. Au lieu de saisir la vie alors qu’elle passe devant elle, elle attend qu’elle se soit éloignée : elle arrive toujours trop tard. Ou trop tôt : elle n’attend pas que la réalité soit là...

Pour être présent, il faut être humble. Nous ne pouvons pas être présents à toute une ligne mais uniquement en un point. Ainsi que le dit un ancien starets, nous devons vivre "comme une roue". Moins la roue touche le sol, mieux elle roule. Elle vit au présent. Plus la surface du sol qu’elle touche se réduit à un point, plus vite va la roue. Si la roue voulait se sentir plus en sécurité et avoir plusieurs points de contact avec le sol, elle cesserait de rouler. Elle roule millimètre après millimètre, ne saute pas la moindre parcelle du chemin, ne néglige aucun instant ; elle pénètre et explore tout. Et pourtant, quelle vitesse...

Celui qui s’essaie à être présent dans le maintenant découvre avec joie que ce maintenant devient toujours plus plein et plus riche. Il y a une évolution et un dynamisme dans le présent. Il est l’expression d’une maturité et d’une liberté croissantes.

On ne peut vivre dans le présent à moins d’être conscient, attentif. Il s’agit d’être pleinement éveillé. Il faut s’engager totalement dans ce qu’on fait et ne pas diviser ses forces intérieures. Etre complètement disponible, comme Marie : "Voici la servante du Seigneur". Quoi que tu fasses, c’est une action sainte que tu accomplis avec respect et application. C’est une liturgie sainte et tu en es le liturge.

Celui qui parle de vivre au présent rencontre régulièrement une curieuse objection : "Je ne peux pas vivre dans le présent, je l’oublie immédiatement. Cela marche quelques minutes, puis c’est fini." De telles paroles montrent qu’on n’a pas encore compris de quoi il est question. On croit que, dans l’avenir, on échouera à vivre au présent. Mais il s’agit du présent maintenant, tandis que j’écris et que je lis. Si nous remplissons l’instant d’une présence complète, notre journée voit sans cesse apparaître de nouveaux instants qui nous invitent et nous exhortent à être totalement présents. Ne pensons pas toujours à l’avenir quand nous parlons de la vie au présent. Chaque instant a un message qui doit être pris au sérieux.

Un moyen qui peut nous aider à vivre de plus en plus dans le présent, c’est, paradoxalement, de penser souvent à la mort. C’est une caractéristique de la mort de nous ramener au présent... Dans un article sur la relaxation quelqu’un donnait le conseil de s’imaginer qu’on allait mourir le jour même. Un lecteur écrivait quelques semaines plus tard : “ Cela a bien marché : j’ai travaillé comme si tout devait prendre fin le soir même. J’ai laissé de côté des choses moins urgentes pour me donner totalement aux choses importantes.”

Celui qui s’essaie à vivre au présent remarquera bientôt que beaucoup de choses commencent à changer dans sa vie,... On est de moins en moins gêné par le manque de temps... La vie au présent libère une quantité inouïe de temps qui auparavant était perdue du fait de notre dispersion : on ne consacrait au travail que la moitié de son être... maintenant on travaille de tout son être et tout se passe en souplesse... Plus on travaille calmement dans le présent, plus le temps se montre élastique.

Vivre au présent ouvre la personne à ce qui est nouveau. Elle y fait l’expérience de son affinité avec le totalement nouveau, Dieu. On en vient aussi à porter un autre regard sur l’homme. On découvre l’originalité de chaque personne (parce qu’on y est tout à coup attentif). Chaque personne devient neuve, unique, importante... Celui qui vit dans la nouveauté vit aussi dans une éternelle jeunesse. Ce qui est propre à la vieillesse, c’est la routine, la répétition stérile d’habitudes durcies. Mais pour l’enfant tout est nouveau... il vit dans l’étonnement. Là encore, nous devons redevenir des enfants. On n’a plus besoin alors de comparer : tout est bien, tout est unique, tout a une plénitude intérieure...

Plus on vit dans le temps, dans le maintenant, plus on travaille comme Dieu, c’est-à-dire tout simplement en étant. On ne cherche pas par un tel travail à gagner quelque chose, à remplir ses greniers. On est tout simplement, on aime, on donne, on sert.

Vu sur le blog Ipapy

vendredi 6 avril 2012

Rajiv Kapur: A la recherche du Soi

Cours Pratique sur la Recherche-du-Soi


NIVEAU 2 : LA RECHERCHE-DU-SOI – AU-DELÀ DU MAINTENANT


Plonger plus profondément dans un état au-delà du Présent ou du Maintenant. Nous arrivons maintenant à l’aspect le plus intéressant de la recherche-du-Soi –

LA CONSCIENCE DE LA VACUITÉ.

Reconnaître l’espace et demeurer dans cet état de conscience, calme, paisible et silencieuse est une pratique merveilleuse de l’état éveillé. Toutefois, vous devez vous souvenir que nous devons seulement croire une chose vraie ou réelle – donc inaltérable et qui éternellement "est". La conscience de l’espace possède une qualité d’immensité, d’expansivité, d’un espace brillamment illuminé qui est à l’extérieur de moi et d’un sentiment d’unité à l’intérieur de moi. La perception d’un éternel espace calme et expansif me donne cette expérience, mais elle est irréelle car tout cela disparaît pendant le sommeil profond lorsque le mental est suspendu.

À part l’état du sommeil profond, même lorsque nous fermons nos yeux dans l’état éveillé, la perception d’une sensation d’unité brillamment illuminée cède la place à une vacuité noire. Toute connaissance ou perception qui vient et part ne peut pas être réelle.

Nous pouvons penser que nous avons découvert le bonheur dans cette conscience actuelle d’espace mais nous ne devons pas faire l’erreur de croire que cela est notre véritable demeure car elle se dissout lorsque l’état éveillé disparaît!

Un fervent chercheur doit conséquemment poursuivre sa recherche plus profondément – au-delà de cet état éveillé et de son espace expansive. Nous savons que l’espace (la sensation d’unité brillamment illuminée) disparaît lorsque nous fermons les yeux, nous devons donc débuter notre démarche de là. C’est de la VACUITÉ d’où l’espace, l’état éveillé et toutes les perceptions émanent.

La pratique signifie de "regarder" un état antérieur d’où l’espace lui-même surgit. Et lorsque nous commençons à regarder, nous rencontrons LA VACUITÉ.

De nouveau, je n’ai pas besoin de regarder "vers" la vacuité ou de "chercher" la vacuité. Toujours elle "est".

Fermez vos yeux et elle est là. Qu’importe où vous regardez (en haut, en bas, sur le côté, en arrière ou devant) tout ce que vous découvrirez, les yeux fermés, c’est la vacuité.

POINTS IMPORTANTS POUR LA PRATIQUE

La pratique est presque la même que celle du NIVEAU 1, mais maintenant le focus de notre attention est devenu la Vacuité. Nous devons pratiquer une méditation assise soutenue chaque journée, de préférence deux fois par jours, pour une période de 25 à 45 minutes lors de chaque session.

Assis les jambes croisées est la meilleure position pour cela, mais ceux qui trouvent cela difficile peuvent s’assoir sur une chaise pour commencer et lentement développer leur pratique dans la position assise les jambes croisées.

Alors, en premier lieu, STOPPEZ vos pensées durant la méditation formelle assise, DÉTENDEZ-VOUS et au lieu de regarder vos pensées ou histoires (qui sont tous des mouvements du mental) COMMENCEZ à reconnaître la présence de la VACUITÉ sombre. Elle semblera partout autour de vous, large et vaste. Initialement cela ressemblera à de l’effort, mais vous devez continuellement y travailler. TOUT SIMPLEMENT, STOPPEZ VOS PENSÉES, DÉTENDEZ-VOUS ET REGARDEZ – REGARDEZ TOUT SIMPLEMENT.

En regardant simplement avec les yeux fermés, vous découvrirez la vacuité. Quelques fois vous serez tenté de REGARDER en avant à l’intérieur de la vacuité ou de regarder en arrière. Expérimentez et jouez avec les différentes façons vous pourriez regarder.

L’aspect clé dans la façon de "voir", encore une fois, c’est l’attention – NON PAS une attention focalisée sur la vacuité, mais une vue plus large englobant tout d’elle. Cela ne requiert pas une focalisation mais une vision expansive et détendue. Le simple acte de regarder avec votre vision intérieure est par elle-même suffisante pour que la vacuité apparaisse automatiquement.

En premier lieu, la VACUITÉ apparaîtra partout, et pas juste en avant ou derrière. Plusieurs choses commenceront à apparaître à l’intérieur de cette vacuité. Une variété de pensées, d’images, d’émotions refoulées et de peurs, de rêves, de phénomènes (lumières et tunnels) et puis l’état éveillé, tout cela apparaîtra à l’intérieur de la vacuité.

Certains de ces phénomènes pourraient apparaître presque dramatiques. Comme Sadhaka, vous ne devez pas être bouleversé, excité ou apeuré par ce que vous expérimenté, car ces phénomènes ne sont PAS le but. Souvent, ont pourrait être emporté par ces visions puisque c’est naturel. Soyez doux envers vous-même et commencez à reconnaître cette vacuité à l’arrière-plan sur laquelle tout cela est surimposé. Souvent vous cesserez d’être attentif et tomberez endormi mais cela aussi n’a pas d’importance. Continuez d’affirmer que cette VACUITÉ est toujours présente, même en dépit d’échecs dans la pratique. Avec la reconnaissance continuelle et la pratique de regarder, la VACUITÉ à l’arrière-plan deviendra votre nouveau centre.

(Note: Pour aider à avoir une vision claire de la vacuité et pour s’attaquer aux pensées, une technique puissante de respiration est habituellement donnée.

L’on doit pratiquer continuellement "REGARDER L’ESPACE", "REGARDER LA VACUITÉ" (ne pas regarder "vers" eux avec une focalisation étroite) avec cette technique de respiration jusqu’au moment ou l’on est complètement stabilisé dans la VACUITÉ à l’arrière-plan.)

Il est de beaucoup préférable de commencer à reconnaître la vaste vacuité à l’arrière-plan que d’essayer d’être un témoin constant de vos pensées, des images, des phénomènes et le sens corporel du Je-Suis.

PLUS VOUS PORTEZ ATTENTION À UN OBJET, PLUS CELA AUGMENTE SON POUVOIR ET SA MAINMISE SUR VOUS; IL DEVIENT VOTRE RÉALITÉ!

Il n’y a pas de problème de reconnaître les pensées, les images, les phénomènes etc. Mais utilisez le maximum de votre attention sur la reconnaissance répétée de CELA, l’état de conscience antérieur (vacuité à l’arrière-plan) sur lequel tout cela s’élève et tombe. Cela deviendra alors, votre nouvelle réalité.

Sachez que toute pratique n’est PAS uniquement question de discipline et de persévérance, mais, c’est aussi une question d’acceptation, d’amour et d’appréciation de ce qui est déjà disponible pour vous. Cela vient avec une profonde acceptation et un abandon envers ce qui se présente de lui-même, et après de regarder l’entièreté avec une vision attentive et expansive - la totalité.

Une fois que vous êtes capable de vous identifier et de vous reconnecter au silence éternellement libre, et de la conscience de la vacuité sombre après une pratique répétée, vous n’aurez plus besoin de pratiquer la reconnaissance, ni la vision consciente. Tout cela deviendra très automatique et sans effort. Tout tombera sans effort dans cette vacuité et tout ce que vous connaîtrez sera cette vacuité comme un flot continuel à l’arrière-plan. Vous vous trouverez continuellement détendu et sombrant dans cette vacuité. Sans aucune distraction vous y empêchant, vous entrerez facilement dans la vacuité. Vous vous fusionnerez alors dans cette vacuité et DEVIENDREZ cela. DEVENANT LA VACUITÉ.

Ce n’est PAS une tâche facile de devenir la VACUITÉ. La transition du corps-mental expérimentant l’espace avec la faculté des sens – dans une différente réalité, qui est la conscience d’une noirceur dense (au delà les sens et l’individu lui-même) – n’est pas particulièrement confortable au départ. Initialement la vacuité sera la sensation d’un vide complet et cela n’est pas facile à vivre pour le mental/égo. Habitué de vivre avec des concepts, des histoires et toutes les formes de connaissance, mais subitement le mental comme contenant se trouvera complètement vide de tout.

Le mental/égo ne le prendra pas très bien. Il déteste vivre seul et donc il créera des fausses peurs, d e l’insécurité, et cela peut devenir très demandant pour le sadhaka. Bien que la nécessité d’un gourou vivant et de sa présence est ressenti pour tout les aspects et à chaque niveau de la sadhana, elle est encore le PLUS nécessaire à ce stade. La voie vers le néant NE PEUT PAS être entreprise seule. Sans l’aide d’un gourou physique, la majorité des sadhakas vont faire demi-tour.

Seul le gourou tient la main de son disciple bien-aimé pour traverser cet océan de souffrance vers le néant. Et quand cela se produit, l’anxiété à la perte apparente de tout les concepts associés avec le "Je" – ou de l’expérimentateur (avec un nom et une forme) – soudainement se transforme en rire, joie et bonheur. Il sera connu alors que la VACUITÉ n’est PAS un état vide ou un néant, mais un état PLEIN de vide.

Vous deviendrez tellement rempli de cela qu’aucun concept quoiqu’il soit pourra trouver une place pour y demeurer. Les mots JE SUIS RIEN, JE SUIS PERSONNE, RIEN N’A D’IMPORTANCE deviendrons une réalité vivante dû à la pure Grâce du Gourou, le dévouement du sadhaka et son niveau d’abandon.

Notez qu’à n’importe lequel niveau vous pensez être, les niveaux 1 et 2 DOIVENT être pratiqués simultanément avec la méditation avancée. Quelques fois, il arrive que des sadhakas soient capable de pratiquer la méditation sur la vacuité sans s’être bien stabilisé dans les niveaux précédents de la pratique. Ceci peut devenir un obstacle aux stades ultérieurs. Il est donc conseillé que vous bâtissiez une fondation solide dans les niveaux 1 et 2 même si vous croyez être aux niveaux avancés dans l’observation de la vacuité

NIVEAUX 3 ET 4: AU DELÀ DE LA VACUITÉ

Comment la VACUITÉ elle-même disparaît, révélant le pure JE SUIS et subséquemment révélant le SOI sera couvert dans les NIVEAUX 3 et 4. Il n’est peut-être pas possible d’écrire à propos de cela comme pratique car le praticien lui-même est manquant à ce moment. Il est pris ou possédé par Dieu, le Gourou ou la Conscience. Les prochaines étapes sont révélées directement par la Grâce intérieur. La Pure Conscience complètera le travail par elle-même.

Copyright  Rajiv Kapur, Décembre 2012




Rajiv Kapur: A la recherche du Soi

Cours Pratique sur la Recherche-du-Soi

NIVEAU 1: LA RECHERCHE DU SOI – ICI ET MAINTENANT

Préparer le mental par la simple action de "regarder"

S’il y a un mot dont Je souligne l’importance continuellement dans les Satsangs, c’est le mot "REGARDER". La simple action de "regarder" est l’outil le plus efficace pour la réalisation du Soi.

La réalisation du Soi n’est pas une question de foi ou de croyance, ou même de volonté. C’est une compréhension par la connaissance directe. Et comment peut-on mieux connaître quoique ce soit à moins de l’expérimenter ou de le voir par nous-même? Nous savons tous que de "Voir c’est Croire" et nous nous cramponnons à cela. Premièrement, investiguons ce qu’implique de véritablement regarder. Regardons-nous vraiment?

Dessinez une image sur un grand tableau noir et regardez-la. Que voyez-vous? Si vous portez une plus grande attention – PAS une attention focalisée, mais une attention ordinaire, vous ne verrez pas seulement une image, mais également le tableau noir en arrière-plan sur lequel l’image est dessinée.

L’attention focalisée est concentrée, mais l’attention simple est une vision avec une PERSPECTIVE PLUS LARGE. Alors si vous regardez plus profondément, ce qui n’est pas de contracter votre vision, mais de l’élargir, vous verrez qu’il y a un mur sur lequel le tableau noir est surimposé. Maintenant regardez profondément et commencez à élargir votre vision encore plus loin- zoomez au dehors de ce que vous voyez, comme le grand-angle d’une caméra. Vous pourrez voir l’image de nouveau. Vous commencerez aussi de "voir" qu’il y a de l’espace dans lequel ce mur, le tableau noir et l’image sont tous regroupés ensemble.

Par l’attention simple vous pouvez "savoir" et "ressentir" cet espace. Si vous remarquez, cela ressemble à du vide. C’est DÉCONTRACTÉ; C’est vide de toute pensée et images. C’est éternellement libre, expansif et libérateur en lui-même. Le vide est une sensation qui transcende le regard ordinaire et focalisé.

Maintenant, pouvez-vous dire lequel des quatre perceptions – l’image dessinée sur le tableau noir, le tableau, le mur ou l’espace dans lequel tout ceux-ci sont surimposés – est toujours disponible? Ne savons-nous pas que cette sensation d’espace expansive et calme nous est disponible tout le temps? Elle est ici – Ici maintenant! Que nous allions vers Delhi ou Londres c’est toujours là. Nous devrions faire un effort continuel pour ramener notre attention vers la conscience de cet espace régulièrement. CECI EST LE PREMIER PAS.

LES POINTS IMPORTANTS POUR LA PRATIQUE

D’abord STOPPEZ vos pensées à des intervalles régulières entre les activités, DÉTENDEZ-VOUS et au lieu de regarder les pensées ou les histoires (qui sont tous des mouvements du mental) COMMENCEZ à reconnaître le calme, l’équilibre et le silence qui est apporté par l’attention LARGE.

Initialement cela semblera comme un effort, mais vous devez y travaillez continuellement. STOPPEZ SIMPLEMENT LES PENSÉES, DÉTENDEZ-VOUS ET REGARDEZ –REGARDEZ TOUT SIMPLEMENT.

L’aspect clé de regarder est l’attention – PAS une attention focalisée sur un seul objet, mais un regard plus large, une vision englobant tout ce qui est disponible pour nous, ici et maintenant. Cela ne requiert pas une focalisation; ce n’est PAS de regarder "vers" ou de regarder "pour" quelque chose, mais une vision expansive – un zoom vers l’extérieur semblable à une caméra.

Cela implique d’être conscient de plusieurs choses en même temps, ou de voir l’image entière comme une perception unique à un moment donné dans le temps. Cela requiert des yeux et des oreilles alertes pour connaître la vraie pratique de regarder. Dans cet état de haute vigilance vous constaterez que les objets, les jugements, les opinions, les étiquettes ou histoires, aucune de celles-ci n’ont vraiment d’importance. Ils perdent leurs importances et ce qui devient plus proéminant est cette conscience calme, et silencieuse. Une fois que vous vous stabilisez dans cette conscience calme et expansive, il est alors temps pour vous de moins porter attention à vos pensées. Il est inutile de pourchasser, de regarder ou même de les stopper à ce stade (contrairement au stade précédent) car elles sont trop nombreuses. Reconnaissez plutôt la conscience sur laquelle ces pensées arrivent et partent.

Il est beaucoup mieux de se détendre et de commencer à reconnaître la conscience large à l’arrière-plan, au lieu d’essayer constamment d’être témoin de vos pensées, vos images, vos actions, des évènements et le sens corporel du je-suis.

PLUS VOUS PORTEZ ATTENTION À UN OBJET, PLUS CELA N’AUGMENTE QUE SON POUVOIR ET CONTRÔLE SUR VOUS; IL DEVIENT VOTRE RÉALITÉ!

Il n’y a aucun problème d’admettre les pensées, les étiquettes, les histoires, les images, etc. Mais utilisez votre attention surtout pour la reconnaissance de CET état de conscience (l’espace à l’arrière-plan) sur lequel tout ceux-ci surgissent et tombent. Ceci deviendra alors votre nouvelle réalité.

Rappelez-vous, l’attention vrai est plus comment vous ressentez que ce que vous voyez en fait. La façon de voir, est absorbée comme une sensation.

Reconnaissez que cet état de conscience béate à l’arrière-plan ne vous déçoit jamais et sur une telle reconnaissance, détendez-vous de nouveau et laissez toute expérience – bonne ou mauvaise – tomber dans cette conscience à l’arrière-plan. Vous saurez alors que cette conscience paisible, calme, est un flot continuel et que sur lui toutes les pensées, tous les objets, toutes les images et les émotions vont s’élever et tomber. CETTE CONSCIENCE BÉATE SERA ALORS RECONNUE COMME VOTRE NOUVEAU CENTRE.

Sachez que la pratique n’est PAS seulement relative à la discipline et la persévérance, mais, c’est aussi à propos de l’acceptation, de l’amour et de l’appréciation de ce qui est déjà disponible pour vous. Cela vient avec une acceptation profonde et un abandon envers ce qui se présente de lui-même et puis de visionner l’entièreté au travers une vision attentive et expansive –la totalité.

Une fois que vous êtes capable de vous identifier et de vous reconnecter à la conscience éternellement libre et silencieuse pour une période de temps, vous n’aurez plus à pratiquer cela; tout deviendra très automatique et sans effort. Vous n’avez pas à la visiter, c’est plutôt cet ESPACE qui vous visitera. L’ESPACE et VOUS trouverez du confort en compagnie de l’un et l’autre. Vous le saurez lorsque cela se produira. Vous ressentirez une unité avec l’espace et une connexion avec tout ce qui est autour de vous.

Appréciez votre pratique et ne vous sentez pas mal si vous vous trompez, ou si vous échouez à quelques reprises. Affirmez toujours que la conscience à l’arrière-plan est toujours présente en dépit des erreurs et des échecs.

Même si vous échouez à le reconnaître et que vous vous êtes éloigné de votre centre temporairement, ne soyez pas dur avec vous. Reconnaissez simplement cet échec également, pendant que la conscience l’absorbe à l’arrière-plan.

Refusez tout simplement de laisser les pensées dominer la relation que vous partagez avec l’éternelle félicité et le calme de l’état de conscience sur lequel tout se déploie. Ne soyez aussi trop obsédé avec la pratique; soyez plutôt doux. Étant régulier et discipliné implique que vous vous rappeliez de pratiquer à des intervalles régulières et vous n’êtes PAS censé pratiquer tout le temps. Vous allez rentrer dans les murs et accrocher des objets si vous essayez de pratiquer chaque seconde dans votre état éveillé; alors soyez doux avec vous-même. Vous devrez figurer la différence entre l’intensité et la tension. Ne pratiquez pas mécaniquement; soyez plutôt orienté vers le ressenti.

Tombez en amour avec cette conscience, ce qui signifie de vous en souvenir souvent avec un cœur aimant et non pas avec un mental grossier et discipliné qui essaie de tout saisir avec l’intellect.

ABORDER LES ÉMOTIONS

Lorsqu’il est question d’aborder les émotions, l’approche dans la recherche-du- Soi est légèrement différente dans la façon dont les pensées sont abordées. Contrairement aux pensées, qui sont d’abord arrêtées dans les étapes initiales de la pratique, et subséquemment ignorées, il faut s’occuper des émotions en profondeur.

Une émotion qui est ressenti doit être complètement connue, sentie et comprise. C’est une pratique normale pour nous, d’ignorer ou de refouler nos émotions et de détourner notre attention d’eux et à la place d’écouter les histoires, les pensées, les souvenirs ou l’individu (l’instrument) qui a déclenché ces émotions en nous. Cette pratique doit être complètement évitée et le contraire doit être adopté.

PORTEZ SEULEMENT ATTENTION AUX ÉMOTIONS ET À RIEN D’AUTRE.

Voici un extrait d’une de mes causeries.

R : Ceci est une balle n’est-ce pas? Allez Shreekanth. (Rajiv lance la balle à Shreekanth qui l’attrape) Je lui ai lancé cette balle. Que regardiez-vous? La balle? Lorsque je vous lance la balle, que regardiez-vous?

S : J’ai juste semblé réagir instinctivement.

R : Absolument, la réaction était donc instinctive. Mais vos yeux pouvaient voir que la balle se dirigeait vers vous. Et instinctivement vos mains se rapprochèrent – c’est cela regarder! Je n’étais pas dans le portrait; c’était la balle et vous, et la balle qui se dirigeait vers vous.

C’est généralement ce qui ne se passe pas avec les émotions – vous regardez la personne et pas ce qui vient vers vous. Par exemple, si la situation d’une personne est ainsi – qu’elle crée de la colère en vous. Instantanément votre attention se dirige vers la personne. (En Hindi) : "Cette personne m’a fait quelque chose et je me suis mis en colère." Vous regardez donc la personne qui lance la balle, mais pas la balle qui se dirige vers vous et vous frappe. C’est pour cela qu’elle vous frappe en plein visage et vous ne savez pas quoi faire! Et, il y a tellement de balles venant de toutes les directions…mais vous ne regardez pas les balles!

Alors la première chose à faire c’est de modifier votre vision. Changez votre façon de voir! Essayez de regarder ce qui vient vers vous. Premièrement, enlevez l’objet qui vous lance la balle. Enlevez-le totalement du portrait, et instantanément vous constatez que le plus réel c’est la balle, cette émotion – c’est plus réel que l’objet (la personne) qui vous a lancé la balle! Mais instinctivement nous accusons toujours, nous allons vers l’histoire ou vers la personne, mais nous ne regardons jamais ce qui se produit à l’intérieur de nous.

En fait nous sommes très inconfortables lorsque cela nous concerne - "À cause de lui j’ai eu ceci" – c’est habituellement comme cela. Nous aimons blâmer les autres pour ce qui arrive à l’intérieur de nous.

Disons que j’enlève la personne de là, instinctivement, comme vous l’avez fait; vous avez vu la balle se dirigeant vers vous, vous avez avancé vos mains et avez regardé la balle. C’est instinctif, car vous avez souvent attrapé une balle et donc la réaction instinctive est vraiment là, n’est-ce pas? Mais, plus tôt, lorsque vous étiez un jeune enfant, ce n’était pas comme cela. Lorsque vous êtes un bébé, on vous enseigne - "Voici, attrape la balle." Maintenant vous êtes un jeune homme de trente ans et vous avez développé l’habilité d’attraper une balle facilement.

Mais ce n’était pas comme cela plus tôt, lorsque vous étiez petit. Donc vous devez débuter jeune, ce qui signifie que je dois commencer à regarder comment la balle se dirige vers moi. Sans regarder la personne; sans regarder l’objet qui a actuellement lancé la balle, je ne regarde que cette balle particulière d’émotion qui se dirige vers moi.

Qu’est-ce qui arrive maintenant quand je la regarde? Je dois l’attraper. Alors cela devient instinctif. Et comme vous l’avez dit, "Instinctivement j’étais capable de l’attraper, je n’ai rien regardé d’autre", c’est ce qui est arrivé ici. Instinctivement vous pouvez attraper l’émotion et lorsque vous avez développé cette habilité, cette efficacité et cette pratique; vous êtes capable de le faire.

Vous attrapez donc l’émotion au moment où elle surgit. Ce ne sera peut-être pas facile de travailler avec elle. D’accord, Je ressens une colère à l’intérieur de moi, qui bouille en moi et je suis capable de regarder cette agitation. L’objet est parti; la seule chose est cette émotion qui surgi en moi.

Maintenant qu’est ce qui arrive? Je ne bouge pas de ce centre. Je peux le maintenir. Je peux maintenir ce sentiment inconfortable, ou cette émotion. C’est déplaisant, je suis d’accord; ce n’est pas facile. Dans mon corps des choses se produisent; je le sens, mais allô! Laissez-moi les ressentir complètement, laissez-moi voir ce que c’est! Et je regarde complètement et totalement; je n’étiquette pas; je ne dis pas que c’est mauvais ou bon. Cela est ce qu’il est. Je regarde seulement, complètement, totalement, de tous les angles. Je ressens cela complètement!

Qu’est-ce qui arrive? Vous réalisez que ce n’est pas si pire. Même si c’est inconfortable au début, il y a une tranquillité, un apaisement; une paix est également perçue dans cela – une assurance, un état de calme, de paix est ressenti lorsque cela se produit – lorsque le mouvement prend place. La raison est que vous avez complètement accepté et ressenti l’émotion dès son origine et jusqu’à sa fin. Lorsque vous le ressentez aussi profondément, que vous l’acceptez, ce sentiment inconfortable devient une partie de votre corps; cela devient organique. Comment pouvez-vous alors, fuir quelque chose qui est devenue vous? Cela ne vous est plus étranger. CELA DEVIENT VOUS. Cela fond, se dissout et se cristallise en vous, révélant un centre qui lui était antérieur.

Donc, initialement vous constaterez qu’il y a la montée d’une émotion particulière, cela atteint un point culminant et puis tombe; s’élève, atteint un sommet, puis tombe. Puis alors? Cela surgit puis tombe juste un peu. Puis cela se dissout en vous lorsque vous le sentez complètement comme une partie de vous. Vous pouvez alors pressentir, ou percevoir que la montée, la chute et la dissolution prend place dans un centre antérieur à ces mouvements. C’est l’état de félicité de la Conscience où vous vous trouverez maintenant être. Qu’est-ce qui a rendu cela possible? C’était seulement votre observation – juste la vision de cela. Parce que nous cherchons qui est responsable de cela, nous ratons de voir ce qui actuellement est à l’intérieur de nous.

En fait, vous devriez bénir la personne qui vous donne cette opportunité car elle vous donne une chance de vraiment comprendre ce qui se passe à l’intérieur de vous, votre véritable Soi. Alors bénissez-le! À chaque fois qu’une personne vous donne l’opportunité, regardez et souriez. Faites cela, oubliez-le et commencez à regarder ce qui se trame à l’intérieur de vous, ce qui ce produit vraiment à l’intérieur de vous. Ne fuyez pas; vous ne pouvez pas l’éviter longtemps. Ne le refoulez pas car ce n’est pas bon. Il faut que vous compreniez vraiment le mouvement, et une fois que vous le comprenez, vous saurez que nous existons préalablement à cela! Parce que la Conscience, vous en tant que Conscience existiez lorsque le mouvement entier se déroulait! Maintenant votre centre est parti de l’émotion vers la Conscience qui la précède – calme, aimante, stable, paisible – et vous allez là; et tout se retrouve dans cette Conscience calme.

Et cette habitude de regarder dans l’état éveillé – mes pensées, mes émotions, et puis de reconnaître une Conscience qui les précèdent est ce qui constitue la Recherche-du-Soi – de regarder – puis de reconnaître cette Conscience, cela devient de plus en plus profond, de plus en plus fort. Puis cela atteint votre état de sommeil profond et vous constatez alors que même ces états surgissent et tombent sur cette Conscience.


Copyright  Rajiv Kapur, Décembre 2012