mercredi 9 novembre 2011

Franck Terreaux: Le pays de Cocagne



Ne pouvant pas ne pas être,

rien, absolument rien ne peut rivaliser

en simplicité, en immédiateté

avec cela qui est.

Ainsi, sans effort, le chercheur disparaît.

Au cœur du simple,

sans rien faire, sans rien être,

je me prélasse tel un bienheureux dans

cette compréhension...



***

Même en l'absence de chercheur,

sans effort, c'est déjà entrain de méditer,

parce que la méditation

ne connaît ni chercheur,

ni effort, ni méditant,

ni même de commencement.

Au cœur du simple,

sans rien faire, sans rien être,

je me prélasse tel un bienheureux dans

cette compréhension...



***

Que « Je », regarde ou non,

Que « Je », entende ou non,

sans effort, c’est déjà entrain d’entendre

et de regarder. L’observateur disparaît.

Au cœur du simple,

sans rien faire, sans rien être,

je me prélasse tel un bienheureux dans

cette compréhension...



***

Que « Je », soit présent ou non,

Que « Je », porte son attention ou non,

sans effort, c’est déjà entrain de percevoir.

Le percevant disparaît.

Au cœur du simple,

sans rien faire, sans rien être,

je me prélasse tel un bienheureux dans

cette compréhension...



***

Sachant que suivre une pensée,

la regarder aller et venir,

m’éloignerait inévitablement

de cette compréhension,

sans effort, le penseur disparaît.

Au cœur du simple,

sans rien faire, sans rien être,

je me prélasse tel un bienheureux dans

cette compréhension...



***

Sachant que malgré la passion,

Et un formidable investissement

dans mon travail,

« Je », n’a jamais fait quoi que ce soit,

sans effort, l’agissant disparaît.

Ainsi, le laisser faire, laisse faire

le faire faire, goûtant

au pur plaisir de ne rien faire.

Au cœur du simple,

sans rien faire, sans rien être,

je me prélasse tel un bienheureux dans

cette compréhension...



***

L’ultime compréhension de l’être ne dépend

d’aucun processus intellectuel,

ni d’un quelconque processus de saisie.

Elle émane de l’intelligence pure,

qui siège au cœur du simple,

dans ce lieu à partir duquel

le chercheur, la raison, l’effort, la saisie

ainsi que toutes intentions

et tergiversations

prennent leur envol.

Au cœur du simple,

sans rien faire, sans rien être,

je me prélasse tel un bienheureux dans

cette compréhension...



***

Rien n’étant plus élevé que la nature,

à moi qui ne regarde ni n’entends

ni ne perçois, la nature parle

de son incommensurable beauté.

Au cœur du simple,

sans rien faire, sans rien être,

je me prélasse tel un bienheureux dans

cette compréhension...

« Suis » ne fait rien, ne regarde rien,

il rend tout cela possible.



***

 
Extrait du livre de Franck Terreaux: L'art de ne pas faire. Ed. l'Originel
 
D'autres extraits suivront