jeudi 11 août 2011

Franck Terreaux: Le pays de cocagne




Paresse et méditation non attentive


Note de Franck Terreaux avant cet article :

Chers amis, mon livre, « l'éveil pour les paresseux » vient de paraître aux éditions Charles Antoni L'Originel. Suite à certaines réactions, je voudrais profiter de cette occasion pour remettre quelques pendules à l'heure. En effet, mon approche peut sembler en contradiction avec ce que d'autres ont dit, mais que voulez-vous, lorsqu'il est question d'éveil, de ressenti, les mots ne sont non pas trop pauvres mais beaucoup trop riches pour pouvoir l'exprimer. Jean Klein m'a dit un jour : « une fois que vous serez parvenu à ce moment où vous vous dites j'ai compris, il est important de le formuler avec vos propres mots », et dans ce cas je n'ai pas hésité à appeler un chat un chat.

Même si cela peut faire miauler certain, il serait dommage de nous laisser égarer par des questions de terminologie. Encore une fois, il ne s'en suivra aucun enseignement, conférence, dogme ou je ne sais quoi. Il ne s'agit que d'un partage, rien de plus.

Nous allons, si vous le voulez bien, faire une expérience extrêmement simple. Nous allons pendant un moment pratiquer le rappel de soi, pratiquer la présence à soi, pratiquer la conscience de soi.

Pour cela, je voudrais que vous vous assuriez qu'en ce moment même vous êtes sûr et certain d'être en train de regarder, d'être en train de lire ces mots en même temps qu'ils défilent, comme si vous vouliez être convaincu que vous n'êtes pas en train de rêver.

Allez y…

Cette attitude, je l'appelle le «je regarde se sachant regardant».

Vous êtes donc là, totalement conscient que vous est en train de lire, totalement conscient que vous êtes en train de regarder, totalement conscient d'être conscient.

Si j'insiste tellement, c'est afin d'être sûr que vous m'avez parfaitement compris.

Vous allez cette fois faire l'expérience inverse (sans changer la direction du regard) vous allez refuser toute votre attention à ces mots qui défilent. Une sorte d'anti-rappel de soi, d'anti-présence à soi, d'anti-conscience de soi…

Allez-y, enlevez l'attention, enlevez le regard, enlevez le « regard se sachant regardant », et pendant que vous y êtes, enlevez aussi l'être. Oui c'est ça, au lieu de vouloir être, essayez de ne pas être. Il est souvent dit qu'il faut être ici maintenant, et bien faites l'inverse, essayez de ne pas être ici et maintenant. J'aimerais tant que l'un d'entre vous puisse me donner la recette, que l'un d'entre vous puisse me donner le truc, parce que voyez-vous, je n'y suis jamais arrivé. Sans effort, sans (faire) absolument aucun effort, je ne peux faire autrement que d'être toujours ici et maintenant. Je n'arrive pas à ne pas être, encore moins ailleurs, et encore moins dans un autre temps.

De toute évidence, je présume que vous aussi vous n'y arrivez pas, et savez-vous pourquoi ? Savez-vous pourquoi vous est-il absolument impossible de ne pas être, pourquoi vous est-il impossible de retirer le regard ?

C'est parce que « avant », « juste avant » c'était déjà en train de regarder sans personne pour regarder.

C'est-à-dire que ça regardait sans savoir que ça regardait, ça regardait sans qu'un« vous » regarde. Les yeux voyaient, les oreilles entendaient, le dos ressentait le contact de la chaise ou du fauteuil sur lequel le corps est assis, tout comme était ressenti le contact des pieds avec le sol. Personne n'était là pour dire : je regarde, j'écoute, je perçois. Et si tous les actes, pensées, perceptions, sentiments aussi bien qu'émotions n'étaient les actes et les perceptions de personne, c'est parce que tout ceci n'a jamais eu besoin d'un vous pour fonctionner.

La prise de conscience a surgi et s'est superposé sur un « déjà là » qui était déjà là « juste avant ». Ce déjà là c'est ce que j'appelle : l'attention non attentive.

Ce vous, cette impression de vous, n'est qu'une idée, et toutes les confusions d'ordre spirituel résident dans le simple fait qu'elle appartient à quelqu'un, à un vous, et qui plus est à parfaire. Un vous qui croit méditer en se prenant pour un méditant, un percevant, alors qu'il n'a que l'impression de faire et de percevoir.

Entendant ceci, la question qui vient immédiatement à l'esprit est : étant donné qu'il n'y a personne, qu'est-ce qui intervient sans cesse dans ce « déjà là » ? Comment se fait-il qu'il subsiste ce besoin de méditer ? De continuer à courir encore et encore après un être ici maintenant, comme s'il y avait à combler un manque qui manifestement est déjà comblé ? La réponse, il faut la chercher dans la force créatrice, dans ce désir primordial dont je parle tout au long de mon livre. Ce désir qui creuse et rebouche en permanence. Ce désir qui crée et recrée le monde d'instant en instant. Ce désir qui grâce à un manque qu'il doit à tout pris comblé, anime toute la création.

Que ce soit le mouvement des galaxies comme celui des électrons. Il est présent partout, dans tous les buts que nous nous fixons, aussi bien dans notre vie professionnelle, que dans notre vie amoureuse, dans le pied de tomate qui pousse tout au fond de notre jardin, et jusque dans ce texte que je suis en train d'écrire. Car rien ne peut s'y soustraire, rien, absolument rien ne peut y échapper. Sans lui, l'univers serait figé et ne pourrait poursuivre son expansion. Pédagogiquement, il est important de comprendre que tout effort, que toutes tentatives méditatives n'ont jamais été effectuées par « vous », mais par cette force primordiale, ce désir créateur. Toute l'intention présente dans la méditation, c'est lui, c'est encore lui.

Lui ne procède à aucun choix, il ne fait que se ruer inévitablement sur tout ce qui bouge. Par exemple s'il est entendu : « vous n'êtes pas le corps », aussitôt il s'y engouffre.

Cette simple information devient l'occasion de donner au « vous » le moyen de devenir encore quelque chose. Alors qu'en réalité, il n'y a pas plus un « vous » qui est le corps qu'un « vous » qui n'est pas le corps. Qui est ce « vous » qui n'est pas le corps ?

Pour qu'il y ait un « vous » il faudrait qu'il y ait un Qui, un quelqu'un. Seulement voilà, il n'y a personne, sans même un témoin pour dire qu'il n'y a personne. Il n'y a que « CE QUI EST », simplement « CE QUI EST ». Ce « vous » n'a jamais fait quoi que ce soit, n'a jamais ressenti le moindre manque, et n'est pas même à l'origine du plus petit froncement de sourcil. Il n'a toujours eu que l'impression de faire et de percevoir, tout comme de s'émouvoir.

La question du « vous » est une question très difficile, car si la réponse se révèle, c'est par un mode de compréhension radicalement différent de notre mode de compréhension habituel. Jean Klein disait très justement à ce sujet « Quand vous employez l'expression : « vous voyez ce que je veux dire, » cela n'a rien à voir avec l'organe de la vue » Certains vous diront : « vous êtes libre et jamais vous n'avez été enchaîné ».

Ici il est dit qu'il n'y a aucun « vous » qui soit libre ou enchaîné. En vérité cela revient au même, ce n'est qu'une question de terminologie, voir de pédagogie.

Maintenant, concernant la méditation. Afin de bien comprendre ce que j'entends par ce mot, permettez- moi tout d'abord de démontrer ce qu'elle n'est pas.

Pour ça, il vous suffit d'imaginer qu'elle serait votre réaction si l'on venait brusquement vous réveiller en plein sommeil, vous disant : allons réveille-toi ! il faut que tu médites, que tu prennes conscience de toi, que tu observes ton corps, tes pensées, tes perceptions, tes émotions et sans contrôle, bien entendu, il faut absolument que tu te libères de tes conditionnements etc etc. Imaginez ne serait-ce qu'un instant votre réaction… De toute évidence vous vous réveilleriez au beau milieu d'un cauchemar vous écriant : « Mais foutez moi la paix ! J'étais si bien là en train de dormir ! ».

« Juste avant » durant votre sommeil, il n'y avait que « Suis », « Qui » et « Je » étaient donc absents, c'était le pays de cocagne, c'était la complétude, il n'y avait que méditation sans méditant, sans regardant, sans percevant. Une attention inconsciente d'elle-même, une sorte de rien, si heureux de n'être rien, qu'il n'aurait pas l'idée ni même l'envie de devenir quelque chose. Aucun trou à creuser, aucun trou à reboucher, même la force créatrice sommeillait elle aussi. Jean Klein parlait souvent de méditation sans méditant. (Ce qui d'ailleurs n'est pas évident à comprendre). La véritable méditation ou attention non attentive, c'est la méditation du sommeil profond à l'état de veille. Et il se trouve qu'elle est encore là quelque temps après le réveil, nous attirant à elle comme l'écho d'un merveilleux souvenir. C'est sans doute le meilleur moment pour en profiter.

Tout d'abord il est important que vous soyez bien entré dans l'état de veille. Pour ça, levez vous, et sur le pouce prenez une tasse de thé ou de café, mais sans vous attarder. Puis, affalez-vous dans un fauteuil, c'est tout ce que vous avez à faire. Vous allez vous rendre compte que cette méditation dont nous parlons, tout le corps en est encore imprégné comme s'il était plongé dans un bon bain en ayant nullement l'envie d'en sortir.

C'est là que la paresse intervient dans sa forme divine si j'ose dire, car les résidus du sommeil profond sont encore présents.

Cette paresse se manifeste alors comme une aide, non pas pour rentrer chez nous puisque nous y sommes déjà, mais pour éviter d'en sortir. Dans cette présence, dans ce « déjà là » la recherche, l'investigation, les expectatives, les pratiques et les divers prises de conscience qui pourraient survenir apparaissent comme totalement superflues, et surtout complètement à côté de la plaque. (On) y est si bien, qu'on réalise que quoi que l'on fasse, cela ferait fuir inexorablement ce bonheur sans causes et sans limites.

Grâce à cette simple constatation, la paresse gagne du terrain, gagne de l'ampleur. Laisser faire car vous, vous n'avez rien à faire, et de toute manière, vous n'avez jamais fait quoi que ce soit. La méditation qui était jadis intentionnelle perd peu à peu de sa force, de son intensité. L'effort fait place à l'absence d'efforts, parce que l'intellect étant cette fois informé est maintenant persuadé que tout effort nous en éloigne. Toute la force créatrice qui s'investissait dans la méditation s'épuise et renonce elle aussi. Il n'y a plus d'attention à… ni d'attention vers… l'attention est inattentive, il n'y a que pure réceptivité. « Qui », n'ayant plus rien à faire se met à fondre comme neige au soleil, puis disparaît. Et lorsque « Qui » disparaît, c'est l'éveil, sans rien ni personne à éveiller. C'est dans le moins que ça se passe, jamais dans le plus. Lorsque « Qui » disparaît, « Je » l'ego (selon mes propres mots) retrouve alors sa verticalité, son impersonnalité. Il retrouve alors sa nature originelle en tant que pur « Je » non illusionné, étant uniquement là pour perpétuer le mouvement comme avant l'aube de notre 4ème anniversaire. La question « Qui » suis je ? n'a alors plus aucun sens. Elle rappelle le mauvais souvenir d'une mauvaise question, qui en raison de ce « Qui » contenu en elle, a tourné le chercheur dans une mauvaise direction. Le chercheur, c'est elle qui l'a créée, c'est aussi elle qui lui fait ensuite endosser le rôle de méditant, de témoin, car tant que « Qui » est là, le chercheur a encore et encore l'occasion, ou plutôt l'impression d'être quelque chose. L'éveil n'est l'éveil de personne. L'éveil est aussi universel que l'espace qui nous entoure, aussi universel que l'air que l'on respire.

Il n'y a rien à chercher, rien à trouver, la dualité, la non dualité n'est pas le fruit d'un combat, celui d'une guerre sans merci entre le 1 et le 2. Mais la compréhension pleine et entière que c'est à partir de « SUIS », que le 2 s'actualise comme existence au sein de l'ETRE. Comme le dit Marigal : « la forme prend forme dans la non forme ». Le 2 étant l'outil primordial permettant à l'univers de se créer et de se recréer à chaque instant. Sans 2, il n'y aurait pas de manifestation. « Suis », le 1, ne fait rien, ne regarde rien, il est seulement l'arrière-plan qui rend tout cela possible.

Pour terminer, gardez toujours présent à l'esprit que tout ce que je vous dis là est déjà trop. Car c'est le « avant » le « juste avant » de toute chose. Ce dont nous parlons est si proche que le mot proche est déjà trop loin. Ne faites rien, savourez simplement ce qu'absence d'effort veut dire. Pas d'effort, pas de mental. Comme l'eau d'une marmite ne peut bouillir sans feu, le mental ne peut subsister sans effort. L'absence d'effort est LA condition sine qua non de l'éveil. Le pays de cocagne est toujours là, parce qu'il a toujours été là de toute éternité. Et malgré que l'on ne sache pourquoi, quelque chose a seulement donné l'impression qu'un « vous » l'avait pour un moment quitté. Tout est ok, tout est parfait, tout n'est que beauté infinie.

Bonnes nuits à toutes et à tous.



Franck Terreaux: L'Eveil pour les paresseux



Lorsqu'il est question de recherche spirituelle, les premiers mots qui nous viennent à l'esprit sont : méditation, ascèse, libération de l'emprise de l'ego ou encore conscience de soi. Ces mots résonnent ici comme des subterfuges nous éloignant inexorablement de ce que nous sommes.

Le "reste tranquille" de Ramana Maharshi retrouve enfin tout son sens.

Plus rien à chercher, plus rien à trouver, vous êtes ce que vous êtes avant même que vous ne le sachiez, avant même que vous ne commenciez à l'imaginer.

C'est le "avant" le "juste avant" de toute chose


Le spectateur a quitté la salle

"...alors souriant il me regarda et me dit : « Vous voyez, il n’y a rien à faire. » L’impact qu’a eu cette parole fut inimaginable. À cet instant, je sortis du rêve et aussitôt je me dis, « j’ai compris ! j’ai enfin compris ! »

- Mais compris quoi ?

- Compris que méditer ne servait à rien, qu’en méditant, qu’en essayant d’être détaché, qu’en essayant de me libérer de mes soi-disant conditionnements, j’étais complètement à côté de la plaque. Compris que chaque pas entrepris dans une direction m’éloignait inexorablement de ce que je cherchais, de ce que j’étais, autrement dit de tout, autrement dit de rien, ou plutôt de rien du tout, puisque c’est à partir de ce rien que tout se crée d’instant en instant.

J’avais désormais l’ultime conviction qu’il n’y avait nulle part où je devais aller, puisqu’il n’y avait nulle part où je puisse aller. Que l’univers était d’une perfection absolue, et que dans ce cas comme le disait Jésus, si tout était parfaitement accompli il n’avait aucune personne à parfaire.

- Plus rien à parfaire, plus rien à accomplir, la perfection la plus absolue qu’il soit. Et c’est depuis ce fameux jour que tu as cessé de méditer ?

- Parvenu à un arrêt, je me suis rendu compte à quel point le processus de FAIRE était présent dans la méditation, et que lorsqu’on a médité durant des années, il est très difficile de s’en défaire. C’est comme stoppé un navire lancé à pleine vitesse, le moteur a beau être coupé, la force d’inertie lui fait continuer sa route un long moment."

.../...

- Et maintenant qu’en est-il ? Qu’en est-il une fois qu’a été compris ce qui devait être compris ?

- Un immense paradoxe, l’éveil est le comble de tous les paradoxes. Ce qui le rend si insaisissable, c’est qu’à la fois tout change, et qu’à la fois rien ne change. En recherchant l’éveil on recherche un certain détachement, une certaine distanciation par rapport aux choses. Lorsque l’éveil désurvient, on se rend compte que toutes ces choses sont en « nous », que rien n’est à l’extérieur. Il ne s’agit pas à proprement parler de détachement, mais plutôt de non-relation.

Aussi tu réalises que tu es totalement à l’écart d’une société qui se sert de peurs afin de créer des besoins. S’il y a peur, il y a peur, mais sans peur d’avoir peur, sans besoin d’avoir besoin. Il n’y a plus non plus besoin d’être heureux d’être heureux, malheureux d’être malheureux. Toutes les perceptions, les émotions qui s’actualisent en « toi » deviennent pareilles à des enfants jouant dans un magnifique jardin, en n’ayant nullement le sentiment d’être regardées. N’étant plus sous l’autorité de qui que ce soit, elles peuvent cette fois s’épanouir dans l’incroyable beauté qu’est la vie. Ainsi, les joies sont de véritables joies, les peines de véritables peines, car personne n’est là pour vouloir à tout prix (sous je ne sais quel prétexte d’acceptation) ramener le malheur dans le camp du bonheur.

Autre chose, par exemple le rythme des saisons : la nature qui t’a tant émerveillé se met à parler. C’est alors que l’hiver tant redouté est magnifique l’hiver. Et c’est justement ça qui est si beau. Au printemps, ce qui semblait endormi et qui t’a tant émerveillé se réveille avec une force incommensurable, dont est ressenti le dynamisme de chaque instant. Le vert des prairies, l’or de l’automne, ou le simple fait de se promener sous des arbres, modifient constamment les perceptions corporelles. Le corps, n’étant plus bâillonné, a maintenant tout le loisir de percevoir. Les sens sont pareils à des portes ouvertes sur l’infini.

Parfois, cette beauté conduit à une telle plénitude que le corps semble trop petit pour pouvoir la contenir. Dans ces moments-là, est ressentie la joie en même temps qu’est ressentie la douleur. Il y a des instants comme ça où sans doute les opposés se rejoignent. Tu réalises alors que tout est régis par la loi de l’équilibre. Quand un malheur résonne aux confins de l’univers, un bonheur résonne dans des autres confins de ce même univers. Car en raison de ces éternels trous à creuser et à reboucher, la manifestation est basée sur l’affrontement permanent.

Un monde où tous les hommes, les animaux, les virus deviendraient beaux et gentils romprait immanquablement ce merveilleux équilibre.

Il y a des problèmes, cela ne fait aucun doute, mais il y a aussi des solutions qui gravitent autour d’eux en permanence. Dans l’absolu il n’y a pas une chose qui soit plus importante qu’une autre.

L’éternelle canette de soda qui traîne et que je ramasse chaque matin dans l’escalier du Conservatoire a autant d’importance comme pas plus d’importance que le grand concert qui se prépare le soir à l’auditorium. Même si l’homme est en chute, cette chute a autant d’importance comme pas plus d’importance qu’une feuille se détachant d’un arbre à l’automne. Il n’y a que UN, tout est ok, tout est parfait. Dans cette incommensurable beauté, tout est infiniment simple pour qui laisse ses yeux regarder.

- Plus de témoins, plus d’arbitres ni de libre-arbitre non plus, le spectateur a quitté la salle. Le sachant, il semblerait pourtant que tout a changé, alors que rien n’a changé.

Oui, et le plus fou, c’est de réaliser que ce spectateur qui a vécu tant d’années n’a en réalité jamais existé, au point que même le spectacle ne l’avait jamais remarqué.



© Extraits tiré de l'ouvrage L’éveil pour les paresseux, de Franck Terreaux. Editions Charles Antoni L’Originel.