jeudi 16 juin 2011

Pradeep Apte: Le Nisargadatta Sadhana (La Pratique)




Introduction

Mon Gourou Nisargadatta Maharaj a toujours souligné la nécessité de faire notre Sadhana (Pratique) afin de réaliser notre véritable nature. À travers ses dialogues il nous a donné des instructions très claires sur comment faire notre Sadhana et ce qu’il a expérimenté durant le processus.

Quoi qu’il ait dit sur le sujet est éparpillé dans dix livres qui forment la majeure partie disponible de ses dialogues publiés.

La plupart des lecteurs ont considérés le Sadhana comme une méthode en deux étapes :

1. Habiter dans le "Je Suis".
2. Transcender le "Je Suis"

Il faut comprendre clairement que ce qu’il décrit est une méthode en deux étapes qu’en apparence seulement, mais actuellement ce n’est qu’une seule étape. Ce n’est que pour aider la compréhension que cette division fut créée. C’est pareil au "vani" ou la parole qui est unique, mais pour faciliter la compréhension fut divisée en quatre : "vaikhari" (la parole prononcée), "madhyama" (la pensée ou le mot tangible), "pashayanti" (mot intangible ou formatif) et "para" (aucun mot)

Rappelez-vous que chaque fois que nous parlons, tous les quatre sont impliqués et opèrent comme une seule unité. En fait Sri Nisargadatta Maharaj a utilisé le "vani" ou la parole, dans un ordre inverse (de "vaikhari" vers "para") afin d’aller au-delà.

L’idée derrière cette compilation était de classer ce que Maharaj à dit à travers ses dialogues avec la même méthode à deux étapes.

Nous débutons avec "Habiter dans le Je Suis" et aux environs du milieu nous irons vers "Transcender le Je Suis". La continuité à été maintenue afin que cela ressemble à une seule étape, ce qu’elle est en réalité.

Une autre raison pour préparer cette compilation fut que j’ai toujours senti qu’il n’y avait aucun texte disponible qui décrivait le Sadhana prescrit par Maharaj.

Ce travail est une tentative de combler ce besoin, et quelle meilleure manière peut-il y avoir que celle d’utiliser les mots de Maharaj eux-mêmes. Les parties en italiques sont les miennes et le reste, les mots de Maharaj. J’ai eu recourt à des altérations mineures et à des enchaînements afin de facilité la lecture, sans en changer le sens.

J’espère que les adeptes de Sri Nisargadatta Maharaj et de son enseignement bénéficieront de cette compilation et l’utiliseront pour leur Sadhana.

Pradeep Apte
11 décembre 2010

Dédié à mon Gourou
Sri Nisargadatta Maharaj

"Le Nisargadatta Sadhana"


1. Vous devez comprendre votre "sens d’Être", de "Présence" ou le sentiment "Je Suis" que vous pouvez aussi appeler conscience, dans sa pureté absolue. La meilleure façon de faire cela, est de reculer dans le temps et d’essayer de vous souvenir où pour la première fois vous avez réalisé que "vous êtes" ou "Je Suis", qui est habituellement autour de l’âge de trois ans.

2. Pourquoi vous en souvenir? Parce que lorsque le sentiment "Je Suis" est apparu pour la première fois, il était dans sa pureté absolue, dépourvu de mots et ne possédait aucun ajout quel qu’il soit.

3. Cette phase de vivre avec le sens pur de "seulement être" ou du "Je Suis" sans mot se poursuit pour quelque temps et puis graduellement la contamination commence. Ceci entraîne le processus que nous appelons "conditionnement" qui vous sculpte en un individu vivant dans le monde et sous certaines circonstances.

4. En devenant adulte le fardeau de toutes ces additions, ou des contaminations sur le "Je Suis" devient tellement lourd que le "Je Suis" d’origine est complètement oublié et perdu en dessous. Le "Je Suis" dans sa pureté absolue est encore là avec vous, même présentement, sauf que vous êtes incapable de le remarquer ou de l’attraper.

5. Si vous êtes incapable de vous souvenir du moment où pour la première fois vous avez réalisé que "vous êtes" ou "Je Suis", alors vous pouvez essayer de l’observer au moment ou vous vous éveillez le matin. Ceci va requérir de l’effort, car lorsque vous vous éveillez, le mouvement "je suis ce corps qui s’appelle untel dans le monde, et je dois faire ceci ou cela…" est tellement rapide que vous êtes incapable de prêter attention au pur "Je Suis".

6. Le premier pourrait être appelé l’approche du "souvenir d’enfance", alors que le deuxième pourrait être appelé l’approche du "réveil". Vous pouvez utiliser celui qui vous sied le mieux ou vous pouvez utiliser une combinaison des deux, l’idée est d’approcher le "Je Suis" dans sa pureté absolu.

7. Chaque mot du Gourou reflète sa sagesse étonnante et les questions qu’il pose à l’aspirant sont d’une nature extrêmement profonde. Tout ce qu’il dit ou demande est rempli d’instructions à notre égard.

8. Les efforts du Gourou sont pour nous faire comprendre et réaliser la pureté absolue du "Je Suis". En trouvant des réponses à des questions comme : Quand pour la première fois avez-vous su que "vous êtes" ? Ou : Peut-il y avoir un sens du "Je" sans être quelqu’un ou l’autre ? Les deux vous entraînent vers le "Je Suis" dans sa pureté absolue.

9. Les affirmations du Gourou qui vous dirigent au pur "Je Suis" sont : Le sens du "Je Suis" est toujours avec vous, mais vous y avez attaché des choses (contaminations) – le corps, des sentiments, des pensées, des idées, des possessions ainsi de suite. Toutes ces identifications avec le Soi sont trompeuses. À cause d’eux, vous vous prenez pour ce que vous n’êtes pas.

10. Le Gourou nous recommande constamment le Sadhana de demeurer dans le "Je Suis" : Le sens "d’Être", du "Je Suis", est le premier à émerger. Demandez-vous d’où il vient ou, observez-le silencieusement. Lorsque le mental demeure dans le "Je Suis", sans bouger, vous entrez dans un état qui ne peut pas être verbalisé mais qui peut être expérimenté. Tout ce que vous devez faire est d’essayer et d’essayer encore.

11. Soyez convaincu que tout ce que vous pouvez dire à propos de vous-même est, "Je Suis". Regardez-le bien car toutes les définitions s’appliquent seulement à votre corps et ses expressions. Par la seule conviction que "Je Suis", votre obsession avec le corps partira.

12. La conviction que l’unique affirmation vraie à propos de vous, le "Je Suis", arrivera en étant sérieux, en cherchant, enquêtant, questionnant quotidiennement et à toutes les heures, en consacrant votre vie entière à cette découverte.

13. Refusez toutes les pensées sauf une: "Je Suis". Le mental se rebellera au début mais avec la pratique, la patience et la persévérance, il cèdera et deviendra silencieux. Lorsque vous serez tranquille, des choses commenceront à survenir spontanément et très naturellement, sans aucune interférence de votre part.

14. Pourquoi ne pas vous détourner de toutes vos expériences vers celui qui expérimente? Vous devez réaliser toute l’importance de la seule affirmation vraie que vous pouvez faire : "Je Suis". Seulement "Je Suis", c’est tout ! (Pas d’ajouts, pas d’accessoires)

15. Gardez simplement à l’esprit le sentiment "Je Suis", immergez-vous en lui jusqu’au moment où votre esprit et votre sentiment deviennent un. Avec des essais répétés vous arriverez au bon équilibre entre votre attention et votre affection, et votre esprit sera fermement établi dans la pensée-sentiment "Je Suis".

16. Rappelez-vous toujours que nonobstant ce que vous pensez, dites ou faites, ce sens immuable et affectionnant d’Être, demeure l’arrière-plan éternellement présent du mental en tant que la pensée-sentiment "Je Suis"

17. Ne vous préoccupez pas de quoi que ce soit; ce que vous voulez, ce que vous pensez ou faites, restez simplement dans la pensée-sentiment "Je Suis", focalisant fermement le "Je Suis" dans le mental. Dès que vous déviez, rappelez-vous : tout ce qui est perceptible et concevable est transitoire et seul le "Je Suis" perdure.

18. J’avais confiance en mon Gourou, il m’a dit de me concentrer sur le "Je Suis" – Je l’ai fait ! Il m’a dit que je suis au-delà de tout ce qui est perceptible et concevable – J’ai cru ! Malgré que je doive travailler pour permettre à ma famille de vivre, à mon cœur et mon âme j’ai donné mon entière attention, et la totalité de mon temps libre à mon Sadhana.

19. Établissez-vous fermement dans la conscience du "Je Suis". C’est le début et également la fin de toutes les démarches. Vous pouvez choisir n’importe quelle voie qui vous convient, mais ultimement c’est votre sérieux et votre sincérité qui détermine le rythme de la progression. À cause de ma foi et de mon sérieux j’ai réalisé mon Swarupa (Soi) en moins de trois ans.

20. Afin de connaître ce que vous êtes, vous devez d’abord chercher ce que vous n’êtes pas, et pour cela vous devez vous observer soigneusement, rejetant tout ce qui ne va pas nécessairement avec le "Je Suis". L’idée : je suis né à un certain endroit et à un certain moment, de mes parents et maintenant je suis untel, vivant là, marié à, père de, embauché par, et ainsi de suite. Tout cela n’est pas inhérent au sens du "Je Suis". Notre attitude habituelle est "Je suis ceci ou cela".

21. Séparez systématiquement et avec persévérance le "Je Suis" de "ceci" ou "cela" et essayez de ressentir ce que cela signifie de simplement être, seulement être, sans être "ceci" ou "cela". Plus vous comprendrez clairement qu’au niveau du mental vous ne pouvez qu’être décrit en des termes négatifs seulement, plus rapidement arriverez-vous à la fin de votre quête et vous réaliserez votre Être Illimité.

22. Comprenez bien, que sans le "Je Suis" il n’y a rien. Toute connaissance est à propos du "Je Suis". Les fausses idées concernant le "Je Suis" mènent à l’esclavage, la véritable connaissance mène à la liberté et au bonheur.

23. Comprenez que le sens du "Je Suis" est vous-même. Vous ne pouvez pas vous en séparer, mais vous pouvez l’associer à n’importe quoi, comme en disant, je suis jeune, je suis riche et ainsi de suite. Mais rappelez-vous toujours, toutes ces auto-identifications sont manifestement fausses et la cause de l’esclavage.

24. Abandonnez toutes les questions sauf: "Qui suis-je ?" Après tout, le seul fait dont vous êtes sûr est que "vous êtes". Le "Je Suis" est certain, le "Je Suis ceci" ne l’est pas. Luttez pour trouver ce que vous êtes en réalité.

25. C’est le "Je Suis" que vous aimez présentement, et, que vous aimez le plus. Donnez votre cœur et votre esprit au "Je Suis", ne pensez à rien d’autre. Faire cela, lorsque sans effort et naturel est l’état le plus grand. En lui, l’amour lui-même est l’amoureux et le bien-aimé.

26. Plongez profondément à l’intérieur de vous et accrochez-vous au "Je Suis". En focalisant le mental sur le "Je Suis", le sens "d’Être", le "Je suis untel" se dissout. "Je suis un témoin seulement" demeure et cela également est submergé dans le "Je suis tout". Puis le tout devient "Un", l’Indivisible, l’Éternel.

27. Accrochez-vous sur la seule chose qui compte, agrippez-vous au "Je Suis" et laissez tomber tout le reste – ceci est le Sadhana. La concentration sur le "Je Suis" est une forme d’attention. Donnez votre entière attention individuelle sur la chose la plus importante dans votre vie – vous-même.

28. Mon conseil pour vous est très simple – simplement de vous souvenir de vous, "Je Suis", c’est suffisant pour guérir votre esprit et pour vous amener au-delà, ayez juste un peu de confiance.

29. Le Sadhana consiste à se rappeler avec force de notre pur "sens d’Être", de n’être rien en particulier, pas une somme de particularités, même pas la totalité de toutes les particularités, qui forment un univers. C’est correct de dire "Je Suis" mais de dire "Je suis ceci", "Je suis cela" est un signe de non-investigation, de non-examen, de faiblesse mentale ou de léthargie.

30. Restez avec le "Je Suis" et rejetez tout le reste. Soyez content avec ce dont vous êtes certain, et la seule chose dont vous pouvez être certain c’est "Je Suis". Ceci est le Yoga.

Lire la suite sur le blog:  itisnotreal.blogspot.com


4 commentaires:

  1. "...À cause de ma foi et de mon sérieux j’ai réalisé mon Swarupa (Soi) en moins de trois ans...."

    Ma ,mon, j'ai, mon.....
    Je partage pratiquement la totalité de cet article .
    Mais cette accumulation de pronoms et déterminants possessifs en quelques mots ....jette un doute sur la réalité de la réalisation du SOI .

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  2. Il faut savoir que les écrits de Nisargadatta Maharaj relatent des échanges verbaux. D'où l'utilisation de pronoms etc. dans une conversation. Il faut également contempler plus profondément la parole de Maharaj que la syntaxe.

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