mardi 8 mars 2011

Gaston Saint-Pierre: Présence




En ta présence, il n’y a ni commencement ni fin, juste une autre dimension, comme une absence épuisée, un nulle part où le vide n’est pas, un dépassement de la notion de l’absence de forme, une négation. Et pourtant la matière et l’absence de forme, l’espace et l’absence d’espace, le temps et l’absence de temps y sont subsumés. L’intellect dit : En ta présence… comme moyen de s’approprier l’intelligence pour lui-même en la rendant distincte. S’il y a un ‘tien’ il peut y avoir un ‘mien’. Si L’absence d’espace, L’absence de temps peuvent être concu, alors, pense l’esprit, une forme peut être donnée à l’absence de forme, comme si la conception de la présence par l’intellect pouvait remplacer la Présence.

L’expérience, la connaissance, rien que d’anciennes traces se dissolvant dans l’absence de souffle de la présence, la mémoire se raccrochant à sa structure aux multiples facettes pour assurer la progression de l’ombre vers la lumière, de l’ignorance vers la connaissance, de l’absence vers la présence. Mais la métamorphose se moque de toutes ces tentatives car rien ne peut être atteint. Il n’y a pas un d’ici à là-bas, un d’alors à maintenant. Pas de continuité dans la Présence, car la Présence est à jamais présente, un cadeau qui ne peut pas être donné.

Soyez joie, action, vérité, silence, repos, totalement dans la verticalité, de sorte que les différents plans puissent révéler leur être dans sa complétude. Soyez lumineux et reconnaissez la qualité transitoire des aspects de l’être. Embrassez l’ambiguïté des apparences tout en restant connecté, avec légèreté mais intensité, aux échafaudages sans structure des demi-teintes et des ombres, des échos et des harmonies dans la césure sans effort de la présence et Présence. Soyez immobile dans l’insaisissable silence et sachez qu’il n’y a pas de transition possible, pas d’évasion, juste de l’immédiateté.

Ne soyez pas le corps qui exige de la vie sa subsistance mais celui qui détermine l’abondance de la vie. Ne soyez pas l’esprit qui recherche la transcendance des pensées, car ce sont de la matière immobile déguisée, mais celui qui prend plaisir dans le défi de sa propre fin. Ne soyez pas l’émotion d’où découle la direction mais celui qui ne connaît ni circonférence ni centre. Et avec une infinie tendresse, invitez-les tous au festin de la puissance en tant que couteaux, fourchettes et cuillères, doigts, orteils et sinus d’agapes sans limites initiées par la Présence pour son propre divertissement.

Gaston Saint-Pierre
Traduit de l’anglais par Catherine Frantz

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