vendredi 28 janvier 2011

Betty: La Grande Joie



Il y a eu ce moment où la grâce s’est installée.

Elle prend toute la place. Cette présence ne demande rien, ne qualifie rien, se meut d’elle-même et ne retient rien, elle est donc fraîche à chaque instant.

Elle est la grande joie.

Être conscient de ne rien être et de ne rien savoir a foudroyé ce désir d’exister, me laissant dans un perpétuel étonnement!

Je suis un nouveau-né qui constate que la conscience s’expérimente de si merveilleuses façons : le cycle des saisons, l’air chargé de lumière et d’humidité, les oiseaux qui valsent dans cet espace nommé ciel, les individus qui rêvent d’exister mais ne sont séparés de rien.

Dans le tout vibrent la connaissance, la non-connaissance et l’absence de cette idée de connaître et de ne pas connaître.

J’ai cessé de m’identifier à la pensée. Je la vois pour ce qu’elle est, point final. Cette pensée qui est un attribut du cerveau et qui habite dans le cerveau du corps humain. Cette machine qui s’attribue des titres selon ce que la société a décidé : voici un bohème, un intellectuel, un chercheur spirituel. Et c’est accepté, car ça semble réel dans le monde de la pensée : Je sais veut dire quoi? Sembler avoir fait le tour de la connaissance? Non! C’est croire encore un peu plus que la pensée va nous propulser hors de la pensée et régler une fois pour toute cet appel à accumuler des connaissances! Ce rôle que vous donnez à la pensée est une illusion. La pensée est sans vie car elle est déjà morte dans le temps et survit dans la mémoire. Elle écrase l’élan de vie, les bourgeons gorgés de possibilités, l’innocente sensibilité.

La Vie, elle, renaît à chaque instant; sa beauté est en mouvement et ne peut être comprise par la pensée. C’est un espace vierge où la pensée ne pénètre pas. La pensée travaille dans l’arrêt et l’analyse, la Vie est le mouvement et ne demande rien.

La pensée, en voulant la saisir et se l’approprier, est découpée en petits morceaux voilant ainsi sa beauté. La pensée s’est attribué une fonction : exister et le prouver à tout prix ! Quand la réalité dite physique n’est pas suffisante, la pensée se cherche des alliés à sa source même : la mémoire! La mémoire individuelle, collective, universelle, galactique et extra-terrestre. N’importe quoi pour arriver à se prouver qu’elle existe… et qu’elle a raison.

On ne rêve que de soi dans le monde de la pensée! Est-ce nécessaire de s’identifier à cet attribut du corps? Pas plus nécessaire que de s’identifier aux ongles de ses doigts!

Il faut la voir pour ce qu’elle est : la pensée n’est qu’un mécanisme délirant qui fabrique des images, des buts, des dieux, des croyances, et vous lui donnez vie avec l’énergie de la Source. Cette Source qui est là, bien avant la pensée, et vous attend. Vous lui soutirez des brins de Vie pour alimenter votre désir d’exister individuellement! C’est épuisant et à l’opposé de votre vraie nature. Quand le rêve sera reconnu, la Vie tel un alchimiste vous transformera et vous constaterez : « Je suis Cela, je suis la Vie qui s‘expérimente et s’exprime si parfaitement! » et votre joie sera sans fin!

La pensée est regardée pour ce qu’elle est. Elle passe de plus en plus comme une photo ancienne, puis comme un négatif, puis comme une petite brume. Laissez-vous un peu tranquille avec cette histoire de pensée.

Quand on se rend compte un jour dans une grande souffrance, qui est une bénédiction, qu’on ne peut plus contrôler ça, que tout mouvement de la pensée est inutile, et que vouloir devenir quelqu’un ou quelque chose est inscrit dans le temps, que penser comprendre est un piège puéril, on est foudroyé sur place : le délire cesse, le silence s’installe. La Vie prend le relais et elle est au rendez-vous!

L’être ne s’éveille pas : il arrête de rêver qu’il existe en tant que pensée individuelle et se fond complètement dans le tout.

La Vie est si parfaite.

La grande joie est le retour à la Source.

Profonde gratitude

Betty

Source: http://www.lagrandejoie.qc.ca/textes/002_LaGrandeJoie.html