lundi 29 novembre 2010

Jean-Marc Mantel: La Méditation , Présence sans témoin


Le silence se manifeste à nous lorsque nous sommes prêts à l'accueillir, non pas un silence vide de contenu, mais un silence plein de présence, celui qui se prolonge par le doux sourire de la sérénité.

Le désir de méditation est l'expression du silence. C'est la manière dont le silence se manifeste à la conscience d'un ego qui cherche à remonter vers la source de lui-même.

Tel un saumon qui est guidé par un instinct infaillible, l'attention se déplace depuis les objets de perception vers cela qui perçoit.

Cela qui perçoit ne peut être perçu.

L'abandon du saisir, l'abandon du vouloir, et l'abandon de l'avoir sont les signes que la compréhension s'installe que rien de ce que nous cherchons et désirons n'est en dehors de nous.

Ce mouvement de retour sur soi, tel le doigt d'un gant qui se retourne sur lui-même, est une assise : une assise dans ce qui n'a pas de forme, une assise dans ce qui n'a pas de corps, une assise dans cela qui voit, qui écoute et entend.

Le corps, lorsqu'il est écouté, se détend à la manière
d'un enfant entouré par les bras de sa maman.

Les pensées, lorsqu'elles sont écoutées, se détendent à la manière de la corde d'un arc qui se relâche, et viennent mourir dans le silence qui les contient.

Les sensations, lorsqu'elles sont écoutées, se résorbent, à la manière d'un sucre qui se dissout dans une mer sans fin.

La conscience est ce qui contient le corps, les sensations, les pensées et les émotions.

La conscience de la conscience est méditation, sans qu'il y ait un quelqu'un qui soit conscient. On peut parler d'une auto-reconnaissance de la conscience, conscience consciente d'elle-même par nature et par identité.

L'habitude de chercher la joie dans l'objet au loin est remplacée par l'habitude de savoir que la joie ne se trouve qu'en celui qui la cherche.

Le mouvement de projection, excentrique, est remplacé par un mouvement d'introjection, concentrique.

Le regard se tourne vers le dedans et contemple ce qui le précède : conscience pure, sans témoin et sans moi.

Méditer est un acte de remémoration : remémoration de ce que je ne suis pas, remémoration de ce que je suis. Dans ce souvenir qui émerge dans une conscience endormie, réside la méditation, non pas en tant qu'acte, mais en tant qu'être.

L'unité dans la conscience est cela vers quoi tendent les expériences diverses traversées par un moi avide de se trouver. Le moi ne peut se trouver dans l'ailleurs. Il se trouve dans l'ici, présence sans moi, qui est le moi.

Par distraction, nous désignons le moi comme étant le corps ou le cœur, mais le moi ne se trouve ni dans le corps, ni dans le cœur. Il ne peut se trouver nulle part, car il est cela qui cherche. Le chercheur est le cherché.

Le mental arrivant au bout de sa course vient mourir dans la conscience qui le contient, à la manière d'une vague qui revient à la mer dont elle est issue.

Méditons sur la méditation libre du méditant, libre du besoin de méditer, libre d'elle-même.

La méditation est alors un vécu, complétude absolue.

lundi 15 novembre 2010

Ramesh Balsekar: Le concept de la «volonté de Dieu»

Le concept de la « volonté de Dieu » est commun à toutes les religions


Q : La philosophie de l’Advaita paraît être d’actualité aujourd’hui. Qu’est-ce que l’Advaita ?

R : Advaita signifie « a-dwaita », c’est-à-dire « Un-sans-second ». A savoir : la Conscience, ou Dieu, ou la Source (appelez Cela comme vous voudrez) est tout ce qui est. Nisargadatta Maharaj caractérisait cette manifestation comme un film produit par la Conscience ou par Dieu, écrit par Dieu, dirigé par Dieu, tous les rôles dans le film étant tenus par Dieu et les spectateurs étant également Dieu seul.

Q : Où y a-t-il place, dans ce cas, pour une quelconque liberté ?

R : Vous pensez que vous vivez librement votre vie. En réalité, vous êtes un mécanisme « corps-esprit » qui ne vit pas, mais qui est « vécu » (ou mis en œuvre) par la Conscience (ou par Dieu), tout comme un ordinateur fonctionne conformément à sa programmation.

Si vous analysez n’importe quelle action, que vous considérez comme « votre » action, vous découvrirez qu’elle est seulement la réaction du cerveau à un événement extérieur sur lequel vous n’avez aucun contrôle. Une pensée vient – vous n’avez aucun contrôle sur la manière dont est venue cette pensée. Quelque chose est vu ou entendu – vous n’avez aucun contrôle sur ce que vous allez ensuite voir ou entendre.

Tous ces événements surviennent sans contrôle de votre part. Et alors que se passe-t-il ? Le cerveau réagit à la pensée ou à la chose qui est vue, entendue, goûtée, sentie ou touchée. Cette réaction du cerveau est ce que vous appelez « votre action ». Mais en fait, cela est un pur concept. Une action a lieu si c’est la volonté de Dieu.

Q : Si vous dites que nous ne sommes pas les auteurs de nos actions, alors qu’est-ce qui va empêcher les gens de fuir leurs responsabilités, ou même d’y échapper totalement, en commettant des crimes affreux ? Et s’ils le font, ne seront-ils pas tenus pour responsables de leurs conséquences ?

R : Tout cela dépend de la volonté de Dieu, de leur destin et de leur programmation.

Q : Qu’entendez-vous par « programmation » ?

R : Selon moi, la « programmation » veut dire : les caractéristiques inhérentes à l’organisme « corps-esprit ». Ce sont les gènes, plus le conditionnement environnemental. Vous ne choisissez pas les gènes dont vous héritez. De même, vous ne choisissez pas l’environnement particulier auquel vous êtes soumis durant votre enfance, chez vous, à l’école, avec les autres, à l’église et au temple.

Pour revenir à votre question précédente, si c’est dans sa programmation qu’une personne commette un crime, et si c’est son destin d’agir ainsi, parce que c’est la volonté de Dieu, alors les conséquences qu’elle devra subir seront également conformes à la volonté divine.

Q : Est-il possible de transcender sa programmation ?

R : Certainement, si c’est la volonté de Dieu.

Q : Même après avoir accepté tout cela intellectuellement, comment les gens peuvent-ils vivre dans la vie quotidienne ?

R: Ils peuvent vivre exactement comme s'ils étaient libres, comme s'ils avaient le pouvoir de choisir et d'agir librement. Et pourtant, ils savent que, quoiqu'ils fassent, et quelles que puissent être les conséquences de leurs actions, tout est entièrement conforme à la volonté de Dieu.

La chose la plus importante au sujet de l'acceptation de la volonté de Dieu, est l'acceptation de la vie quoi qu'il arrive. Vous acceptez le fait que si vous "êtes vécus", les autres le sont aussi. Par conséquent, vous n'avez à juger ni vous-même ni autrui. Vous ne jugez pas. Vous ne condamnez pas. Vous acceptez. Il n'y a pas de faute, ni d'orgueil, ni de résistance, ni de ressentiment. Ni haine, ni désespoir, ni frustration. Si les choses tournent bien, alors il n'y a ni fierté, ni arrogance. Il y a seulement acceptation. Et alors il n'y a que la paix. 

Les Chrétiens disent « Que ta volonté soit faite ! »

Le Musulmans disent « Inch Allah »

Le Bouddha dit: « Des événements surviennent, des actions sont opérées, mais il n'y a dans tout cela aucun acteur individuel »

Les Hindous disent « Tu es l’auteur des actions. Tu es l’expérimentateur. Tu es Celui qui parle. Tu es celui qui écoute »

mercredi 10 novembre 2010

Candice O'Denver: La Conscience parfaite



L’expérience ordinaire de la vie est d’être perdu dans un brouillard de pensées, d’émotions, de sensations et autres expériences, sans se rendre compte que l’on est égaré; et c’est simplement des hauts et des bas tout le temps, atteindre sans cesse un point où on se sent heureux ou bien, et croire que ça va durer pour toujours, puis sans cesse voir ses espoirs anéantis.

Et donc, nous croyons que notre bonheur dépend de pensées, d’émotions, de sensations ou d’autres expériences, toute notre vie est alors un brouillard de hauts et de bas, et nous sommes toujours à la recherche de toutes sortes d’antidotes, contre-mesures ou fantasmes rassurants, qui vont d’une façon ou d’une autre arrêter le cycle où on ne se sent jamais complet. Si on observe notre propre vie, notre propre expérience, on peut constater que les différentes choses qu’on a cherchées : argent, pouvoir, prestige, relations avec certaines personnes, lieux et choses, si on regarde réellement notre propre expérience, on voit que l’accomplissement de n’importe laquelle de ces choses n’a jamais mené au bonheur. Peu importe ce que nous atteignons, que ce soit le parfait travail, la parfaite voiture, le parfait partenaire, la parfaite nourriture, les parfaites vacances, le lieu parfait où vivre, le gouvernement parfait sous lequel vivre, peu importe ce que c’est, si nous observons notre propre expérience, nous constatons que cela n’a pas assuré notre bonheur. Ou bien peut-être on habite dans un pays où le gouvernement est vraiment plein d’imperfections. Presque tout le monde aujourd’hui partage ce sentiment à propos de leur gouvernement.

Que ce n’est pas parfait. Et donc vous voyez cette lutte constante pour la perfection. Que ce soit en nous-mêmes ou au-dehors, c’est juste un jeu. C’est un jeu de hauts et de bas, un jeu de confusion, un jeu où on ne se sent jamais complet.

Quand on s’appuie sur ce qu’on pense, ou ce que sont nos états émotionnels, ou nos sensations ou autres expériences, on ne s’est pas vraiment arrêtés pour examiner quelle est leur Source ou leur racine. On croit que ce sont de puissantes entités en elles-mêmes, que quelque part nos pensées, émotions, sensations et autres expériences, ont une sorte d’existence très solide, très réelle, et que notre bien-être est dépendant de leur très réelle, très solide existence. Cette perception erronée est due au fait de ne pas comprendre la Source. De ne pas réaliser que toutes ces perceptions apparaissent au sein d’un Espace cristallin de Conscience sans faille.

En se fiant en douceur à la Conscience plutôt que de mettre l’accent sur les points de vue qui apparaissent en elle, la Conscience devient de plus en plus évidente. Le fait qu’elle est sans faille devient de plus en plus évident.

Toutes les perceptions, tous les points de vue, apparaissent au sein de la vue intégrale de la Conscience claire comme le cristal. Exactement comme dans cette Boule de cristal, il y a toutes sortes d’images qui apparaissent, et elles semblent changer sans cesse. La perfection de la Boule de cristal ne change jamais, et les apparences sont inséparables de la pureté de la b
Boule de cristal.

Tel est le cas avec notre propre Conscience. Elle est la Source d’une stabilité indestructible, d’une stabilité mentale et émotionnelle indestructible.

Chercher une stabilité mentale ou émotionnelle ou une réalité qui soit très solide et très réelle dans les images qui apparaissent dans une boule de cristal serait insensé. Nous ne rechercherions jamais l’indestructibilité en essayant de nous agripper à l’une de ces images.

Et donc vous voyez, la Conscience et les perceptions ou points de vue, sont comme les apparences dans un cristal. Ces apparences sont telles que, peu importe sur quoi on place la Boule de cristal, elle va instantanément refléter ce que c’est.

Maintenant elle est sur du papier orange, et elle reflète « l’orange » du papier de mon angle de vision. Et on dirait que « l’orange » est vraiment dans la Boule de cristal ; cependant, la pureté du cristal ne change jamais.

Et donc de la même manière, avec notre propre Conscience, et toutes ses apparences innombrables, incessantes et imprévisibles, elles apparaissent toutes comme les images dans une Boule de cristal, comme une image onirique ou un mirage, sans aucune solidité, sans aucune base réelle de par elles-mêmes.

S’en remettre à la Conscience pour de courts instants répétés de nombreuses fois, jusqu’à ce que cela devienne automatique, c’est nous introduire à notre vraie nature, nous exercer à notre nature parfaite, sans faille.

Quand nous nous entrainons à notre nature sans faille, parfaite, plutôt que de nous entraîner à la solidité et à la réalité de pensées, émotions, sensations et autres expériences momentanées, alors nous commençons à vivre notre propre perfection et pureté, l’indestructibilité de notre propre Conscience.

De juste se relaxer pour un seul instant, c’est découvrir la Conscience. C’est analogue au fait de faire de l’exercice ; par exemple travailler au jardin ou faire une randonnée. Si on a travaillé au jardin toute la journée, ou qu’on a fait une randonnée d’une heure ou deux, quand on rentre chez soi, on s’assoit et on se relaxe complètement. Le jardinage est terminé, la randonnée ou la marche sont finies. On se relaxe complètement. C’est ça de relaxer la Conscience dans son état de perfection cristalline.

La Conscience est présente dans toutes les apparences. Juste comme la Boule de cristal reflète chaque chose qui apparaît momentanément en elle. Peu importe de quelle apparence il s’agit, elle est pour toujours cristalline et inchangée. Elle ne peut être changée en aucune manière que ce soit.

Donc, en se fiant à des apparences momentanées, on commence à croire que ces apparences momentanées vont en quelque sorte se solidifier en bien-être et en perfection ; pourtant elles ne le font jamais.

Après une très courte période de cette entreprise insensée, il devrait nous paraître clair que c’est le cas.

Quand nous laissons nos expériences nous gouverner, nous commander, alors nous sommes toujours entrain d’éviter ce qui apparaît, ou bien nous nous y soumettons, ou encore nous essayons de remplacer ce qui apparaît avec autre chose.

Cependant, quand on s’en remet à la Conscience, plutôt que de mettre l’accent sur toutes ces perceptions, alors on se familiarise avec notre Conscience claire comme le cristal. On se familiarise avec ce qui est à la base. On arrête de s’entraîner à la poursuite sans fin de l’expérience parfaite. On s’en remet plutôt à « l’in-expériençable ».

Quant on s’en remet à la Conscience, la Conscience s’en remet à elle-même.

Et alors il n’y a pas d’entité ou d’expérience dont on doit se débarrasser, puisque la Conscience est la racine de toute expérience. Il n’y a pas d’expérience dont on doit se débarrasser, pas d’expérience à éviter, pas d’expérience à satisfaire, pas d’expérience à remplacer pour avoir du bien-être.

Si nous sentons que nous devons contrôler minuscieusement toutes nos expériences, alors nos expériences deviennent nos ennemies. Qu’elles soient de bonnes ou de mauvaises expériences, elles deviennent nos ennemies, car nous voulons constamment plus de bonnes expériences et moins de mauvaises expériences.

Par le pouvoir de la Conscience toujours présente, c’en est fini de cela. Le jeu est terminé : « Game over » !

Ce qui apparaît, apparaît, ce qui arrive, arrive.

Tout ce qui apparaît, apparaît dans une clarté cristalline.

Tout ce qui se passe, se passe dans une clarté cristalline.

Tout s’illumine de soi-même.

La Conscience et la clarté sont inséparables.

La Conscience et la clarté lumineuse sont inséparables.

Cela devient de plus en plus évident dans notre propre expérience.

Il n’y a aucune séparation entre la Conscience et la clarté cristalline, de la même façon qu’il n’y a pas de séparation entre le cristal et sa luminosité.

Il est impossible de séparer la Boule de cristal de sa clarté lumineuse.

Exactement de la même façon, il est impossible de séparer la Conscience de la clarté.

La sagesse, c’est de savoir que les phénomènes qui apparaissent, ne sont pas très solides. Ils ne sont pas très réels. Ils sont comme un rêve, un mirage, une image dans une Boule de cristal. Ils n’ont aucune base solide. Ils n’ont aucune base réelle en soi.

On pourrait chercher pour une éternité, et on ne trouverait jamais un phénomène qui existe en soi.

Et donc, qu’est-ce que cela dit à notre sujet ?

La sagesse est de savoir que la Conscience est la base, la sagesse de savoir que les phénomènes n’ont pas de nature indépendante, associée avec la pratique de courts instants de Conscience, répétés de nombreuses fois, est l’instruction essentielle.

Rien d’autre n’est nécessaire.

Toute complication et verbosité sont dépassées.

La recherche volatile des points de vue arrive à un arrêt complet dans la clarté lumineuse qui voit à travers tout de façon perçante rayonnant à travers toutes les apparences.

Texte issu de la vidéo de Candice O'Denver

dimanche 7 novembre 2010

Vijnânabhairava Tantra

Ô belle aux yeux de gazelle! Qu'on
évoque intensément toute la
substance qui forme le corps comme
pénétrée d'éther et cette évocation
deviendra permanente.

vendredi 5 novembre 2010

Vijnânabhairava Tantra


Qu'on évoque l'espace vide en son
propre corps dans toutes les
directions à la fois. Alors, pour qui
jouit d'une pensée libre de dualité,
tout devient espace vide.