mardi 28 septembre 2010

Nicole Montineri: N'ayons pas peur de mourir


Ce livre est le témoignage d'une rencontre avec la mort. L'auteur a pu voir - lors d'une grave maladie - dans une acceptation totale qui évacuait toute peur, ce qu'enseignent tous les sages : derrière les apparences de l'univers, se trouve la réalité d'une Conscience unique.Nicole Montineri nous parle d'un vécu profond, bien réel, où la conscience change de nature. Ici, pas de visions d'anges ni de cités célestes ; pas de projections, ni d'images. La lumière était le rayonnement de sa conscience. Dans un abandon total de soi, l'auteur vivait un présent hors du temps où « la pure conscience (qui est pure énergie, vacuité créatrice) restait seule, rayonnante ».Demeurer dans cette ouverture, c'est rejoindre l'essence de notre être où n'existe aucune dualité, aucune séparation, mais liberté et amour. Seule cette réalisation de l'unité essentielle nous permet de sortir de notre monde limité et chaotique. Enfermés dans les préoccupations vaines du moi, l'esprit sans cesse affairé, nous ne savons pas regarder la vie en profondeur.Or, la mort peut surgir à tout moment. Mal préparés, nous vivons alors avec beaucoup d'angoisse l'instant de notre disparition. Cependant, la mort peut être l'expérience intérieure la plus profonde qu'il nous soit donné de connaître, si nous nous sommes préparés à ce retour à la source. Cette préparation nécessite une pratique. Il s'agit, au fil de notre existence, de nous éveiller à ce que nous sommes, d'avoir une conscience claire de nos comportements, de chacune de nos pensées, de renoncer à nos illusions. Il nous faut - d'une certaine façon - nous quitter, cesser d'accumuler (tout en vivant pleinement ce que nous propose l'existence), nous dépouiller. L'auteur décrit ainsi un parcours tout en précisant que cette quête nécessaire sera un jour abandonnée, car la vérité ne peut surgir de la volonté mais du seul lâcher prise où le chercheur s'efface peu à peu.Comprendre ce qu'est véritablement la mort, c'est comprendre le sens de la vie.Pour Nicole Montineri, tout est vu désormais « comme se mouvant au sein de la globalité de la vie, par la seule conscience de l'unité derrière les formes... dans une joie constante sans objet ».

mercredi 22 septembre 2010

Serge Brisy: Ce qu’est la Spiritualité

Toute possibilité de réalisation véritable est dans l’Amour. Aimer ses amis, aimer ses ennemis, aimer ceux qui vous aiment et ceux qui ne vous aiment pas, stabiliser en soi un influx d’amour croissant en le laissant rayonner sans arrêt, telle est la voie qui réalisera cette force sublime de la fraternité dont on parle trop, mais qu’on vit à peine. L’amour est une force fécondante qui s’exprime travers les mots, l’attitude, à travers le silence, peut-être surtout à travers le silence. Et rien de spirituel ne peut être véritablement vécu, tant que la source de l’Amour n’est pas éternellement jaillissante en soi.

L’Amour est la seule Loi. Plaindre ceux qui ne le comprennent pas, c’est déjà les aimer. Et vivre la Loi de l’Amour Divin, c’est se fondre entièrement en cet Amour. Dès que l’union est résolue, l’Amour s’exprime librement, spontanément, sans peine et fait du soi purifié l’instrument docile de la lumière révélée. Il n’est guère possible d’aimer par le « moi », car ce que le « moi » appelle « amour, affection, tendresse, amitié » cache toujours un besoin de possession ou d’exclusivisme. C’est ce sentiment de possession, c’est ce sens de la séparation qu’il faut transmuer en une force infiniment croissante de tendresse, jusqu’à ce que le soi, semblable à un miroir sans tache, ne reflète plus que la beauté d’un amour impersonnel et puissant.

Certes, cela demande une préparation lente, persévérante, un affinement incessant de tous les sentiments, une objectivité grandissante dans tout jugement porté sur autrui ou sur soi-même, un labour continuel du cœur qui doit recevoir toutes les semailles des pensées, des émotions et des intuitions pour les moissons proches ou futures. Mais rien ne se fait sans peine et l’éclosion de « l’humain » dans l’homme exige la suppression patiente de tout ce qui touche à l’animalité.

Briser son orgueil, reconnaître ses torts, ne jamais chercher à dominer autrui, s’incliner devant une supériorité réelle, se connaître jusque dans ses mobiles les plus secrets, sont là des petits riens aux yeux de ceux qui vivent superficiellement, mais ces petits riens vécus contiennent cependant la clef de bien des mystères. La lutte qui ne satisfait jamais, la compréhension des luttes toujours renouvelées, l’intrépidité dans la lutte, l’amour même de la lutte, non pour la lutte elle-même mais pour la réalisation du but assigné, attirent sur l’être des forces inconnues et bénies. Celui qui a le courage de sacrifier à son idéal tout ce qui l’en sépare, s’élève rapidement vers les cimes. Or, ce n’est ni l’entourage, ni les circonstances extérieures qui nous séparent du but ultime, mais uniquement nous-mêmes dans nos incompréhensions.

La plus grande force de l’Amour, la seule force de l’Amour est la Compréhension. Celui qui comprend ne peut s’empêcher d’aimer tout ce qui souffre — et la souffrance est l’expression directe de l’ignorance. Un Sage disait : « Tu ne peux à travers ta personnalité. Amoindris-la et tu aimeras davantage. » Il disait aussi : « Plonge au cœur des choses, développe ta sensibilité en devenant la chose ou l’être pour mieux aider. Aime sans te lasser. Aime par le service. Aime par la continuité silencieuse des petits services rendus… »

C’est en cela que se trouve le secret qui ouvre la première porte. Mais il faut aimer rendre service, le faire joyeusement, parce que le service des autres est la tâche directe du chercheur de la Vérité spirituelle. Le besoin d’un résultat immédiat ou personnel n’est qu’un marchandage spirituel, un poison qui corrompt la force pure de l’amour et fait, de l’acte libérateur, un engin de restriction. Toute voie a ses dangers. La plus simple cache des écueils. Si nous gardons à l’esprit que le véritable Amour ne peut en aucun cas être égoïste, nous nous apercevrons que bien peu savent véritablement aimer.

Réveiller l’Amour pur qui sommeille en soi, c’est marcher vers la libération totale de l’esprit, c’est apporter au monde dévasté ce dont il a besoin. C’est faire éclore dans les cœurs une force nouvelle de vie. Et n’est-ce pas uniquement cela la Spiritualité ?

lundi 13 septembre 2010

Nuden Dorjé: Le miroir au sens limpide


La confusion se résout elle-même


« Lorsqu'on peut demeurer à sa propre place sans confusion, c'est comme un fleuve qui retourne à l'océan. Les pensées s'apaisent à leur propre place, aussi n'est-il pas nécessaire de chercher des solutions intelligentes. »

Si nous avons un corps, il y aura toujours des problèmes avec le corps. Si nous avons une relation, il y aura toujours des problèmes dans la relation. Si vous essayez de faire quoi que ce soit dans votre vie, il y aura toujours des difficultés. C'est ainsi. Par conséquent, nous ne devrions pas être surpris qu'il en soit ainsi. Le texte dit: « Les pensées s'apaisent à leur propre place, aussi n'est-il pas nécessaire de chercher des solutions intelligentes. » Tous les lamas que j'ai rencontrés ont des problèmes dans leur vie. Ils ont des problèmes dans leurs relations, des problèmes avec leurs étudiants, des problèmes avec leurs propres enfants. Mais le point essentiel, c'est qu'ils sont capables de vivre avec ces problèmes. Ils ne nient pas l'existence des problèmes, mais ils n'en font pas toute une histoire, parce qu'il est normal d'en avoir. Nous ne devrions pas être surpris d'avoir des problèmes.

La seule solution à tous les problèmes, c'est de demeurer à sa propre place et d'être confiant dans le fait que toutes les choses qui émergent sont des choses qui passent. Toute manifestation est impermanente C'est l'attachement, le désir et l'impatience qui nous font chercher des solutions spéciales, des réponses qui nous permettront de vivre notre vie comme nous l'entendons. Mais ces solutions à court terme n'amènent pas de réelle liberté car elles nous enroulent toujours davantage dans la dualité réifiée. Toute manifestation, quelle soit « bonne » ou « mauvaise », émerge de la nature de base, ouverte, et y retourne.

Notre impression habituelle, c'est que les pensées amènent quelque part. Même lorsque nous avons des formes de pensée très improductives, comme l'habitude de nous faire du souci, nous considérons comme normal de croire que le fait de ressasser sans relâche les mêmes problèmes nous offrira, d'une manière ou d'une autre, de nouvelles perspectives. Maintenant, au lieu de suivre le contenu, qui semble si fascinant, si nous nous focalisons sur la manière de penser, nous voyons que nous devons à nouveau penser à quelque chose, parce que la première pensée que nous avons eue est partie, et la seconde aussi, et ainsi de suite. Les pensées répétées maintiennent l'objet/l'image vivants pour nous, comme s'ils existaient par eux-mêmes plutôt que d'être le sous-produit du courant des pensées. Chaque pensée doit être remplacée par une autre, parce que les pensées ne cessent de disparaître. Elles sont impermanentes - elles s'évanouissent d'elles-mêmes sans le moindre effort de notre part. C'est l'auto-libération de la pensée - et par extension du même principe, nous pouvons faire l'expérience de l'auto-libération de toutes les idées, de toutes les émergences. C'est le travail de l'ego que de recycler les idées, de répéter les compulsions, de remonter les mêmes scènes, de faire des transferts, etc. etc., et cela crée l'illusion que ce qui est passager a une existence permanente.

L'expérience vécue de cela, et en particulier l'expérience de la nature impermanente de toutes les émergences à partir desquelles nous construisons notre impression de « je », nous permet un lâcher prise, et ainsi, le mouvement peut apparaître et passer tout en révélant l'immobilité qui jamais ne change. Cette immobilité est la nature de base de l'esprit, insaisissable, elle n'est ni un objet ni une chose, non entachée par aucune émergence, détendue, ouverte, non défendue et accueillante pour toutes les émergences, tandis qu'elles apparaissent et disparaissent.

mercredi 8 septembre 2010

Ajahn Chah


« Pour quelqu'un ne comprenant pas la mort, la vie est très confuse. »

« Le Dhamma doit être trouvé en regardant votre cœur et en voyant ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas, ce qui est équilibré et ce qui ne l'est pas. »

« Un seul livre est bon à lire : le cœur. »

« Ne pensez pas que simplement s'asseoir les yeux fermés soit pratiquer. Si vous pensez cela, alors changez vite d'avis. La pratique est de rester attentif dans toute posture, assis, en marchant, debout ou allongé. Quand vous vous relevez, ne pensez pas que vous sortez de méditation mais simplement que vous changez de posture. Si vous réfléchissez de cette manière, vous aurez la paix. Partout où vous serez, vous aurez cette attitude de pratique avec vous. Vous aurez une connaissance directe de vous même. »

« Quand vous êtes assis en méditation, pensez « Cela ne me regarde pas ! » à chaque fois qu'une pensée émerge. »

« Le cœur du chemin est très simple. Il n'y a besoin de rien expliquer. Abandonnez l'amour et la haine et laissez les choses être. C'est tout ce que je fais dans ma pratique. »

« Nous pratiquons pour apprendre à lâcher prise, pas pour accroître notre maîtrise des choses. L'illumination apparait quand vous ne voulez plus rien. »

« Si vous lâchez prise un peu , vous aurez un peu de paix. Si vous lâchez prise beaucoup, vous aurez beaucoup de paix. Si vous lâchez prise complètement, vous aurez la paix complète. »

« Vous êtes votre propre maître. Rechercher des enseignants ne peut éliminer vos doutes. Examinez vous pour trouver la vérité - l'intérieur, pas l'extérieur. Vous connaître est plus important. »

« Essayez d'être attentif et de laisser les choses suivre leur cours. Votre esprit deviendra imperturbable en toute situation, comme un clair lac de forêt. Toutes sortes de merveilleux et rares animaux viendront boire à ce lac, et vous verrez clairement la nature de toute chose. Vous verrez beaucoup de choses étranges et merveilleuses aller et venir, mais vous resterez imperturbable. Ceci est le bonheur de Bouddha. »

mardi 7 septembre 2010

Adyashanti: La flamme de vérité

Si vous écoutez attentivement, ressentez intimement et consentez à vivre cet instant exactement tel qu’il est, les corps émotionnels et énergétiques s’assouplissent. Prenez quelques minutes maintenant pour simplement tendre l’oreille et prendre conscience de votre environnement. Laissez les sons se faire connaître et prenez conscience des odeurs et des sensations de l’espace autour de vous, à l’intérieur et à l’extérieur de la pièce, pour que vos facultés sensitives ne se confinent pas à votre peau ou aux os. Donnez-vous la chance de vous ouvrir à l’environnement sonore et à une impression de l’espace à l’extérieur de votre corps.

Remarquez que plus vous vous détendez, plus ces sons et ces sensations pénètrent et circulent en vous sans opposition. Vous sentirez que vous vous assouplissez et que vous vous ouvrez. Conviez-vous à cette ouverture. Vous constaterez peut-être que la frontière imaginée entre le monde extérieur et ce qui se passe à l’intérieur de votre peau devient poreuse, ou encore, vous sentirez qu’il n’y a plus de frontière entre l’intérieur et l’extérieur. Le bruit extérieur et ce qui se passe dans votre corps prennent la même saveur. Une sensation à l’intérieur du corps n’est pas très différente du son d’une voiture qui passe où d’un oiseau qui chante.

Le silence ouvre le corps et vous imprègne comme une éponge, si vous y consentez.

La pensée fragmente l’unité en morceaux que le mental analysera. Le silence pour sa part unifie.

Lorsque le corps s’ouvre, les sons affleurent au milieu du silence. Qu’est-ce qui en vous se conçoit comme étant silence ? C’est indéfinissable. Si vous vous égarez, écoutez de nouveau les sons. Ils vous ramèneront vers le silence, qui vous ramènera à ce qui connaît le silence et le son. Ne vous égarez pas dans la pensée. Détendez-vous tout simplement, relaxez, relaxez. C’est l’acte de foi et de confiance le plus simple.

lundi 6 septembre 2010

Laurence Vidal et Yolande Duran-Serrano

Interview diffusée sur les ondes de la Radio Suisse Romande (RSR 1).
Émission "Devine qui vient dîner", du vendredi 3 septembre, animée par Michèle Durand-Vallade.
Invitées : Laurence Vidal et Yolande Duran-Serrano

Une heure intense de questions-réponses autour du livre: "Le Silence guérit" écrit à quatre mains...
un silence palpable émane des réponses de Yolande, et une analyse claire et limpide est distillée par Laurence...

récit d'une aventure intérieure

jeudi 2 septembre 2010

Yolande

Laissons-nous guider par cette puissance qui sait ce dont nous avons besoin et quand nous en avons besoin.

La spontanéité nous donne la clarté, le simple fait de voir que nous sommes antérieurs à tout ce que nous croyons être provoque une déconnexion de l’idée d’être une personne ; le problème psychologique étant réglé, ne reste plus qu’à voir et constater le rêve de sa vie qui défile.