samedi 7 août 2010

Jean Bouchart d'Orval

C'est justement cette idée qu’il faut intervenir pour améliorer son sort qui cause l’agitation et la souffrance de l’être humain. L’idée même d’améliorer son sort dénote l’ignorance de la réalité. Mieux, c’est la notion même d ‘avoir un sort qui est le fondement de tout ce cirque épuisant. Sans arrêt nous intervenons, ou croyons intervenir, de façon personnelle dans les processus de l’existence. Cet interventionnisme tout humain est fondé sur une lecture erronée de la réalité. Il n’y a pas d’individu, il n’y a que la Vie avec toute sa manifestation. Avant même que nous commencions à savoir que nous existons, chaque matin, tout est parfait : une grande intelligence et une grande beauté sont à l’œuvre. Avons-nous besoin d’ " intervenir " pour respirer, pour digérer, pour assimiler, pour dormir, pour régénérer nos cellules, pour marcher, pour voir, pour entendre, pour sentir, pour naître, pour croître, ou pour mourir ? Le plus amusant, c’est que même pour avoir la pensée que nous sommes quelqu’un qui intervient, nous n’avons pas à être quelqu’un : cette pensée vient à tous les êtres humains de la même manière, sans intervention " personnelle " ! Tout est un cadeau de la beauté. La manifestation de la vie, c’est la beauté en marche. C’est quand on associe la beauté à quelque chose que ce que nous appelons la laideur vient. Mais même cette laideur pointe vers la beauté, elle permet à l’homme d’éventuellement la discerner.

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